Interventions au CDFN du 24/25-09-2002

Intervention de S. Julien au Conseil délibératif fédéral national de la FSU, 24-09-02

Alors que le conseil d’état a suspendu les textes intégrant les écoles Diwan dans le service public d’Education Nationale, la direction fédérale continue de soutenir l’enseignement par immersion en général, et la faisabilité par modification législative de l’intégration de ces écoles associatives que nous considérons comme anti-laïques par leurs principes de fonctionnement et anti-républicaines par leur passé idéologique fascisant. Le communiqué de presse de la F.S.U. du 16 juillet dernier est ainsi insupportable pour de nombreux camarades. Alors qu’on n’a jamais débattu la question dans nos instances, nous sommes depuis un an et demi devant le fait accompli. Maintenant, la direction invite la droite à modifier “rapidement” la législation pour intégrer ces écoles!

Depuis des mois, je me suis fais écho de collègues qui dénoncent cette intégration comme la porte ouverte à une logique communautariste et comme un précédent dangereux de statuts dérogatoires à la loi commune, un véritable cheval de Troie.

Le droit à l’existence de ces écoles n’est aucunement menacé puisqu’elles fonctionnent déjà depuis longtemps par pompage astucieux des subventions publiques, et l’enseignement du breton n’est pas en jeu : Le service public assure déjà cet enseignement sans recourir à la pédagogie par immersion. Il y a de quoi être accablé par tant de négligence dans la défense de nos valeurs syndicalistes de laïcité, d’égalité, d’unité, d’indépendance, pour satisfaire quelques familles de la petite bourgeoisie bretonne (qui, sans partager forcément l’ethnicisme régionaliste des encadrants, trouvent ainsi surtout une désectorisation et des effectifs allégés). Ce qui existait déjà à l’extérieur de l’Education Nationale sous prétexte religieux est réclamé dorénavant à l’intérieur de l’éducation Nationale sous prétexte linguistique. Sans compter que ce dossier nous coûtera des voix aux paritaires, mais ça ne sera malheureusement pas le seul.

Je vous le dis, nous aurons bientôt l’air fins quand la droite, à l’affût de toutes les décentralisations et déréglementations, réintégrera Diwan à notre demande dans une législation anti-laïque. Lorsque les collègues commenceront à se mobiliser contre le démantèlement de l’école, le gouvernement aura beau jeu alors de leur faire remarquer que c’est à la demande de la FSU que ces mesures sont prises, pour permettre l’intégration des écoles Diwan ! La position de la FSU est une arme dans les mains du gouvernement et notre crédibilité future est en jeu.

Sans compter, pour finir, que Diwan n’est qu’un exemple de nos dysfonctionnements à l’interne. Dans le positionnement sur Diwan comme pour bien d’autres choses, nous avons été mis devant le fait accompli alors que ces questions, qui engagent l’avenir de l’école, auraient du faire l’objet d’un véritable débat. Cela fait un an et demi que le CDFN actuel est installé, c’est un peu plus que la mi-parcours entre deux congrès. Où en sommes-nous depuis La Rochelle ? Le CDFN joue t-il pleinement son rôle délibératif ? C’est à vous de savoir si vous voulez vraiment un syndicalisme de masse, pluraliste et démocratique, ancré sur des principes solides.

***

Dernière intervention, 25-09-02:

Juste une brève parenthèse pour annoncer au CDFN mon départ de la délégation Autrement et donc ma démission du CDFN et du CDFD du Calvados. Ce n’est pas un coup de tête mais une décision prise à l’unanimité du groupe dans le SNUipp qui de toute façon ne s’appelait plus Autrement depuis un an.

 

Voir aussi sur les écoles Diwan:

Diwan a dû débaptiser son collège en 2000, l’association avait choisi le nom d’un nazi.

Laisser un commentaire