Edito: Le sur-place
Tout ce qui exaspère les collègues se heurte au même constat d’immobilisme du ministère. Depuis un peu plus d’un an, les grèves se sont accumulées et n’y ont rien changé. Salaire, conditions de travail, direction d’école, non-réduction du temps de travail, …. faut-il ressasser éternellement l’impossibilité où nous sommes de faire avancer quelque dossier revendicatif que ce soit ? Au terme de cette législature de 5 années, cela nous conforte à continuer d’affirmer que la lutte proprement syndicale doit passer avant toute autre considération. Que chacun ait ses préférences ou ses engagements politiques, c’est tout naturel, mais dans le syndicat nous défendons une orientation syndicaliste.
Toutes les raisons qui nous amenèrent à présenter un texte d’orientation demeurent tant s’impose une réflexion collective, qui ne saurait être de notre seul fait, pour un renouvellement des idées et des pratiques, du rôle et de la fonction d’un syndicalisme trop longtemps relégué au rôle d’accessoire d’une vision politique externe, au faire-valoir d’une cogestion chimérique ou à la fonctionnarisation de militants. Le syndicalisme est une chose trop précieuse malgré toutes ses imperfections constitutives pour baisser les bras. Il est, pour le moins, une des rares modalités qui nous restent de nous tenir debout dans notre vie professionnelle, de mettre en partage un autre discours sur le métier que celui d’une administration comptable où la réformite médiatique des gouvernants n’est qu’une supercherie perverse permanente. Toujours plus, c’est l’injonction qui nous est faite, habilement tissée sur la réelle conscience professionnelle des collègues qu’on a vite fait de tenter de transformer en machine à culpabiliser pour celui qui y résisterait. Toujours moins, c’est la réalité de ce qui nous est accordé, aux gosses y compris quand on regarde les cartes scolaires (des ouvertures en 1/2 classes matinales en maternelle parce qu’il n’y a pas besoin de payer une PE à surveiller la sieste, auraient-ils osé il y a seulement quelques années ?)
Enfin, le scandale de la division statutaire demeure, plombant la capacité de reconstruction d’un syndicalisme de masse dans le premier degré pour toute une génération. Cet héritage empoisonné d’UID reste comme une épine dans le pied : A travail égal salaire égal !
Depuis 10 ans il ne s’agit pas de reconstruire une FEN bis comme on croit la voir trop souvent, mais une véritable fédération différente des limbes des années 80. Combien de camarades autosatisfaits sont finalement tout aussi bureaucratiques et co-gérants, tout aussi inefficaces face au sur-place actuel de nos revendications, que l’ancienne majorité inféodée au Parti socialiste ? Nombreux sont ceux qui travaillent honnêtement mais ont perdu le cap. C’est d’autant plus triste qu’Unité & Action a eu le mérite de ses actes au tournant de la scission, nous le reconnaissons volontiers. L’histoire n’est jamais tout à fait un éternel recommencement : ce double sur-place (revendicatif et organisationnel) invite à lutter, pas à désespérer.
Ensemble, pour sa part, n’a pas forcément vocation à s’institutionnaliser comme “courant de pensée”. Nous fondons ainsi de grands espoirs sur le développement naturel de la place des camarades sans tendance, même si ces espoirs sont parallèles à l’inquiétude de voir le débat d’orientation interne s’aseptiser. Le syndicat doit être ouvert et performant, c’est l’affaire de tous. Y exprimer publiquement et sincèrement ses divergences est dans cette logique une chose nécessaire et utile, d’autant plus que notre syndicalisme n’a pas fini d’être refondé. Un travail collectif pour que les paritaires de fin d’année ne soient pas le signal du déclin.
S.J.
[Editorial du bulletin Ensemble n° 4 (mars 2002)]

"l faut éviter le fléchage des crédits et augmenter la déconcentration de la gestion, notamment en matière de personnel" (commission des finances à l'Assemblée, 14 mars 2006)
):

Mouvement de mai-juin 2003 sur les retraites
Congrès de Seignosse du SNUipp, juin 2004
...à Caen...
... et à Nice.



