Edito: Retraites: les ambiguités d’une union large
Manifestation unitaire aujourd’hui pour la défense des retraites. Mais de quelle défense parle t-on ? Pour prix d’une signature CFDT (on connaît pourtant depuis longtemps ses positions sur la question, son accord sur les 40 annuités), l’ inter-syndicale, dans sa déclaration du 7 janvier, a adopté une plate-forme périlleuse (car il ne s’agit pas d’un simple appel à la mobilisation unitaire mais d’une véritable plate-forme en 7 points précis), une plate-forme qui va jusqu’à ignorer le maintien à 37,5 annuités de cotisations des fonctionnaires. Que se passerait-il si le gouvernement disait: “OK, je prends, et j’aligne les fonctionnaires sur 40 ans de cotisation pour un taux plein” ? Non seulement le contenu, mais les conditions d’élaboration de cette déclaration unitaire sont préoccupants pour la suite : fruit d’une négociation préalable au sommet entre Le Digou (CGT) et la CFDT, la déclaration a été finalisée en réunion intersyndicale le 6 janvier en attente d’accord de FO,CGC et FSU, la signature de celle-ci ayant été mise en consultation par mail au membres du BDFN le 7 à 8h48 (Nicole ayant transmis au SN à 9h19) pour ultimatum de signature pour le 7 à midi, non amendable. Pour beaucoup d’entre nous, sa lecture devait relever de la douche froide, une douche froide d’autant plus embarrassante qu’une unité syndicale retrouvée sur le front des retraites aurait due être en soi formidable. Au CN du SNUipp, le lendemain, Ensemble fut, seul, à exprimer son désarroi, pourtant partagé dans les couloirs. Pour les votes le 9, le CN unanime (notre porte-parole étant retourné en classe) votait imprudemment que cette déclaration “trace les lignes de force d’une démarche commune afin d’aborder les négociations à venir” tout en rappelant son “attachement à la possibilité(sic) pour les fonctionnaires ayant accompli 15 ans de service actif de prendre leur retraite à 55 ans ” (à quel taux ??).
Mauvais départ donc, mais rien n’est jamais définitivement joué, d’ailleurs le même jour les salariés d’EDF-GDF montraient qu’ils n’étaient pas des gogos. Chez nous la FSU de Corrèze jugeait vite le texte “inacceptable” et au bureau fédéral du 13 janvier plusieurs voix se montraient très critiques sur le contenu de l’appel. Ne nous laissons pas enfermer dans une unité minimaliste, même pas correctement défensive. Faisons aussi connaître des contre-arguments solides, par exemples qu’un retour du privé sur 37,5 annuités ne coûterait que 0,3 % de PIB à l’horizon 2040, qu’une vue rétrospective montre que la croissance a su régler une problématique comparable jusqu’ici, que les régimes non-salariés ponctionnent par le dispositif de compensation des sommes non négligeables (on pointe les fonctionnaires “privilégiés” quand agriculteurs, commerçants et petits patrons de l’artisanat recevaient 5 milliards des régimes de salariés en 1999), que le fonds de réserve mis en place pour justifier des privatisations reste en réalité très peu alimenté, que la répartition travail-profits dans la valeur ajouté n’a fait qu’évoluer en faveur des profits ces vingt dernières années, ou que le renoncement à une politique de plein-emploi a un coût in fine incalculable pour la collectivité. Le gouvernement nous dit que si les syndicats “ne jouent pas le jeu” de la réforme, celle-ci passera en force au parlement de toute façon. Dans ces conditions, ce serait une erreur mortelle de servir de caution.
S.J.
Editorial d’Ensemble n°14, 1er février 2003.

"l faut éviter le fléchage des crédits et augmenter la déconcentration de la gestion, notamment en matière de personnel" (commission des finances à l'Assemblée, 14 mars 2006)
):

Mouvement de mai-juin 2003 sur les retraites
Congrès de Seignosse du SNUipp, juin 2004
...à Caen...
... et à Nice.



