Un sondage inquiétant
Habituellement on ne s’inquiète pas d’un sondage, ce rictus médiatique des temps modernes. Celui sur les retraites RTL-Le Monde de mars a pourtant retenu notre attention. Relativisons d’emblée sa portée par un rappel de ses limites: il a été réalisé les 6-7 mars, en pleine morosité générale, par téléphone, par la SOFRES auprès de 1000 personnes sur la méthode des quotas représentatifs. Certaines questions étaient ouvertement tendancieuses, elles ne valent même pas la peine d’être prises au sérieux. Quand on demande au sondé de choisir entre la peste et le choléra, quel est l’intérêt de sa réponse ? Toutefois, on y voit que ce sont les ouvriers, les chômeurs et les 25-49 ans qui sont les plus inquiets pour leur retraite; que les salariés préfèrent arrêter de travailler le plus tôt possible, même si cela fait perdre en revenu pour sa retraite; qu’une bonne moitié des fonctionnaires aurait renoncé sur les 37,5 annuités. Une question nous a interpellé: Pour réformer le système de retraite tel que vous le souhaitez, faites-vous plutôt confiance ou plutôt pas confiance à : gouvernement-syndicats-patronat. Les réponses y sont préoccupantes. On y voit que la moitié des ouvriers ne feraient plus confiance aux syndicats (47 % confiance contre 48 % pas confiance), les fonctionnaires idem (48-47 dans l’autre sens). Ce seraient les employés et les chômeurs qui feraient encore le plus confiance aux syndicats sur le dossier (à 50 et 59 %). Certes 57 % des sondés ne sont pas satisfaits du gouvernement sur la manière dont il mène la réforme des retraites. Mais l’image du syndicalisme semble gravement compromise, probablement en même temps et en lien avec une démoralisation, une résignation, une dépolitisation, une baisse de la conscience de ses intérêts collectifs, paramètres convergents et imbriqués dont le mouvement syndical tout entier ne peut s’estimer exempt de responsabilité. A Ensemble, l’action dans la lutte pour la défense des acquis sociaux, la reconstruction d’un syndicalisme de masse unitaire et la rénovation de nos pratiques bureaucratiques nous ont toujours semblé la seule alternative au déclin.
S.J.
Sondage disponible à l’adresse http://a1692.g.akamai.net/f/1692/2042/1h/medias.lemonde.fr/medias/pdf_obj/sofresretraites1203.pdf
Extrait d’Ensemble n°16 (1° avril 2003)

"l faut éviter le fléchage des crédits et augmenter la déconcentration de la gestion, notamment en matière de personnel" (commission des finances à l'Assemblée, 14 mars 2006)
):

Mouvement de mai-juin 2003 sur les retraites
Congrès de Seignosse du SNUipp, juin 2004
...à Caen...
... et à Nice.



