Carton rouge à la direction de la FSU
[Paru dans Lettre du SNUipp, suppl. n°312, octobre 2004]
Après avoir viré en 2001 le 3ème syndicat de la fédération, après avoir décidé sans consultation des adhérents l’extension du champ de syndicalisation au congrès de Perpignan, la direction de la FSU s’apprête à accueillir des syndicats de l’enseignement privé. Nous ne devrions même pas en envisager l’éventualité, ce pour des raisons d’abord de principes.
Le développement du service public d’éducation et le strict respect du principe de laïcité sont les deux principales raisons d’être et finalités de notre fédération, rappelées d’ailleurs régulièrement et à juste titre dans ses publications nationales ou départementales. Comment pourrait-on simultanément se mobiliser pour augmenter les moyens de l’Ecole de la République et se battre aussi pour les moyens d’une école, devenu outil de travail de nos futurs co-syndiqués, dont la conception de l’éducation et le mode de recrutement de ses élèves sont fondamentalement opposés à la notre, par nature?
Comment pourrait-on, sans se renier, accepter l’idée que notre fédération puisse revendiquer plus de moyens pour une école qui, pour beaucoup d’entre elles, dispense un enseignement religieux. Comment pourrions nous préserver l’espace neutre et mixte de l’école publique dans cette période d’offensive communautariste alors que nous percevons la nécessité de conforter le principe de laïcité, synonyme de respect mutuel de nos différences ? D’autre part, en acceptant les syndicats de l’enseignement privé au sein de la FSU, nous mettrions le doigt et même la main dans un engrenage infernal. Nous serions amenés à accepter non seulement les demandes d’adhésion de tous les personnels des enseignements confessionnels mais aussi de l’enseignement commercial, industriel, ou agricole détenu souvent par des grands trusts internationaux.
Nous renoncerions définitivement à la revendication du seul financement public pour les écoles publiques qui doivent garder l’exclusivité de leur mission de service public.
Il sera bien plus utile, judicieux et conforme à nos idéaux d’égalité, de laïcité et de liberté, de concentrer tous nos efforts sur les moyens à mettre en œuvre pour permettre à l’ Ecole publique de remplir toujours mieux sa mission universelle auprès de nos élèves.
Ce n’est plus une dérive de la FSU, c’est un naufrage, et ce n’est malheureusement pas une surprise. Après avoir déserté le camp laïque, de positions pro-Diwan en positions pro-voile, la direction de la FSU renonce aux valeurs fondatrices du syndicalisme de l’enseignement public. La mobilisation de tous les syndiqués laïques est urgente.
Michel Bouffier, Jacques Durand, Stéphane Julien

"l faut éviter le fléchage des crédits et augmenter la déconcentration de la gestion, notamment en matière de personnel" (commission des finances à l'Assemblée, 14 mars 2006)
):

Mouvement de mai-juin 2003 sur les retraites
Congrès de Seignosse du SNUipp, juin 2004
...à Caen...
... et à Nice.



