Edito: Dialogue social ou mouvement social?
La nomination de François Fillon, le casseur de nos retraites, à la tête de l’Education Nationale a été ressentie à juste titre comme une provocation par toute la profession. Les collègues engagés pendant près de deux mois dans la grève contre ce gouvernement réactionnaire et ce ministre en particulier, attendaient une réaction forte du syndicat et de sa fédération, certaines écoles appelant même le SNUipp pour réclamer un mot d’ordre de grève immédiat.
Quelle a été la réaction de la FSU ? Le secrétaire général de la FSU , Gérard Aschiéri, devant les caméras de télé, a déclaré préférer un Fillon “politique” à Ferry. Il rajoute dans Le Monde: “Je pense que M. Raffarin a besoin d’apporter les preuves de sa volonté de changement. Jusqu’à présent, il a affiché une volonté de dialogue social, mais la pratique s’est avérée assez contradictoire.”
Pendant soixante ans le dialogue social a eu un cadre: le paritarisme. Mais l’unilatéralisme de l’actuelle politique réactionnaire relayée dans les départements montre bien la fragilité de ce paritarisme et les limites de l’illusion cogestionnaire : s’ il y a un droit syndical dans le privé il n’y a rien ou presque dans la Fonction publique. Un relatif modus vivendi historique le dissimulait jusqu’ici.
C’est aussi le rôle et la fonction du syndicat qui s’en trouvent interrogés. Les collègues ne pourront d’autant plus se contenter de “déléguer” que la délégation n’aura plus de grain à moudre. Mais justement, la profession, après la casse des retraites, est plus déterminée que l’appareil syndical lui-même. Cette coupure entre la base et le sommet du syndicat est annonciatrice d’une crise syndicale, dont la désyndicalisation est un des symptômes. Le congrès national du SNUipp de juin doit être l’occasion d’envoyer des messages forts aux collègues : il faut rétablir la confiance des collègues dans l’outil syndical, et pour cela prendre des engagements clairs sur ce que sera la ligne syndicale dans la période de luttes qui s’ouvre.
Que le SNUipp affirme clairement son intention de s’opposer à la casse de la sécurité sociale, à la décentralisation de l’école primaire sous couvert de mise en réseaux,
Qu’il se donne pour objectif la fin de la division statutaire et de la baisse du pouvoir d’achat,
Qu’il montre sa détermination, en parole et en actes, à ne plus se laisser berner par le prétendu “dialogue social” prôné par le gouvernement et le MEDEF, mais à y opposer la mobilisation des collègues, en défendant leurs revendications concrètes, et en cherchant réellement la généralisation du mouvement social et l’unification des luttes.
S.J.
Editorial d’Ensemble n°28 (1° mai 2004)


"l faut éviter le fléchage des crédits et augmenter la déconcentration de la gestion, notamment en matière de personnel" (commission des finances à l'Assemblée, 14 mars 2006)
):

Mouvement de mai-juin 2003 sur les retraites
Congrès de Seignosse du SNUipp, juin 2004
...à Caen...
... et à Nice.



