Intervention au Conseil National du 04-05-04

La motion sur la laïcité que je vous présente témoigne d’un désaccord profond, encore la semaine dernière en SN au sujet du projet de circulaire d’application de la loi. On nous rabâche le risque de “stigmatisation” : il y a un risque d’instrumentalisation raciste du dossier qui n’est pas moindre avec la posture de la direction. On dit “dialogue” et “négociation” mais au bout du compte il faut la même règle pour tous (…) ne pas accepter le fait établi et mettre en danger un plus grand nombre de jeunes filles. Il faut redevenir offensifs à l’approche du centenaire de la loi de 1905.

Motion Ensemble sur la laïcité

 

Le Conseil national du SNUipp

- Regrette que notre syndicat, non content de ne pas avoir participé à la campagne laïque pour une loi claire, sans ambiguïté contre le port de signes religieux visibles à l’école se soit opposé à toutes celles et tous ceux qui réclamaient que la laïcité soit respectée à l’école ;

- Estime que cette absence de posture en adéquation avec les valeurs que nous portons a créé démoralisation et découragement chez nombre de nos collègues, notamment ceux du secondaire qui se trouvent confrontés à l’offensive des intégristes ;

- Considère que le positionnement pris par la direction du SNUipp a été déterminant dans la prise de position de notre fédération qui, sous prétexte de refuser l’exclusion de quelques jeunes filles, a tourné le dos à toutes celles voulant exercer l’égalité des droits et refusant les pressions et contraintes exercées sur elles.

Le Conseil National du SNUipp après avoir fait ces constats

- Demande que notre syndicat prenne enfin toute sa place pour que la circulaire d’application de la loi votée ne puisse pas être interprétée, ce qui signifie qu’elle soit fermement laïque, dénuée d’ambiguïté, ce qui n’a pas été le cas de la première mouture élaborée par Fillon, véritable projet de non-application démontrant l’incohérence et la duplicité du gouvernement sur ce dossier. Dans une nouvelle mouture, des clarifications ont eu lieu, notamment sur l’ambiguïté entre les tenues religieuses et culturelles, mais sur le fond il importe de ne pas en revenir au marécage interprétatif qui avait justement rendu nécessaire le recours à la loi. Pourra-t-on ainsi voir deux établissements publics, dans une même commune, en fonction du rapport de forces ou de l’appréciation de l’équipe enseignante, accepter ou refuser les bandanas ou autres dans la cour, ou en classe ? La clarté est nécessaire, et c’est la loi, la même pour tous, qui doit trancher.

- Considère comme urgent et prioritaire que notre syndicat et la FSU participent à la reconstruction d’un front uni de tous les laïques, rappellent ainsi leur revendication en faveur de l’abrogation de toutes les lois anti-laïques, des statuts scolaires particularistes et de la fin de tout subventionnement public des écoles privées.

Le Conseil national du SNUipp demande que notre organisation syndicale prenne toute sa place dans le combat pour que le centième anniversaire de la loi 1905 devienne l’occasion de renforcer la laïcité en France et en Europe.

 

Extrait de “La Lettre du SNUipp” n°309 du 14 juin 2004

 

Laisser un commentaire