Pentecôte 2005

Paru dans Ensemble n°40 (3 juin 2005)

Pentecôte 2005:

un jalon dans la mobilisation interpro

Le 16 mai, de nombreux salariés ont été en grève. Pourtant, en dehors d’un tardif appel Education nationale, aucun appel national, aucun appel interpro, aucun appel confédéral n’est venu coordonner ces grèves multiples et impulser une dynamique d’ensemble. Nous n’avons pas ménagé nos efforts début mai pour informer en temps réel sur notre site internet des multiples appels à grève qui s’accumulaient sur le lundi de Pentecôte. Ces nombreux appels seront pourtant restés sans coordination, sans appel national, il n’a pas pris le caractère de grève générale qu’il aurait dû prendre compte tenu de la gravité des attaques. N’est-on pas en droit d’être déçus de l’absence même de mot d’ordre confédéral de la CGT ou de FO ? Chez nous au SNUipp, avons-nous brillé sur ce dossier ? A la mi-avril, on n’en était encore qu’à ce que ” le 16 Mai ne soit pas une journée de travail ” normale ” et construire ce jour-là des actions “. Au secrétariat national, notre porte-parole intervenait en vain, on lui répondait que le succès médiatique du Gard était dû aux parents d’élèves. On attendait une réunion des fédérations de fonctionnaires, puis une conférence téléphonique, on nous proposait d’éditer une lettre du secrétaire général de la FSU à Raffarin en carte postale (ah les bonnes idées du secrétariat précédent qui reviennent !) bref on n’en avait pas envie, on n’y croyait pas, on aura traîné, beaucoup trop traîné. La mobilisation interpro est, depuis mai-juin 2003, une évidente nécessité. Le 16 mai aura été un jalon, montrant que les convergences dans la grève et dans la rue peuvent se construire sans même d’appels nationaux, que les syndicats par secteurs n’attendent plus les directives d’en haut avant d’agir sur une action pourtant non-sectorielle. Lorsque les directions syndicales se contenteront de ” coller ” à la base, non seulement aux aspirations, mais aux actions de la base, cela nous aidera tous. Car le problème n’est évidemment pas réductible à l’ampleur d’un 16 mai qui aurait pu être plus grande encore. Il est depuis plusieurs années, très précisément dans le périmètre interpro et le niveau d’appels à grèves, d’être à la hauteur à la fois de l’attente des collègues (” en bas “), et de l’entêtement du gouvernement (” en haut “), un gouvernement de droite particulièrement insolente et réactionnaire qui n’a rien d’accidentel, qui relaie un rouleau-compresseur libéral d’ampleur, fortifié par une législature bétonnée contre la cohabitation, bétonnée contre l’opinion publique, contre la rue, contre les urnes, les salariés étant piégés pour cinq ans fermes. Face à cette difficulté d’un niveau inhabituel, face à cette synergie d’un blocage politique et d’une offensive patronale sans précédent, nous avons toujours dit à Ensemble qu’il ne fallait pas s’en remettre à attendre une lointaine alternance. Il reste aujourd’hui encore deux ans, c’est long deux ans. Et le bilan passé de la gauche gouvernementale ne saurait justifier de folles attentes réparatrices. Nous avons toujours dit qu’il faut d’abord compter sur nous-mêmes, construire et développer un haut niveau de mobilisation, donc développer l’interpro, démocratiser et rendre plus performant le seul outil pratique qui puisse y contribuer :le syndicalisme. Un syndicalisme de lutte, qui aide les collègues à toujours mieux s’organiser et se mobiliser, à développer un rapport de forces toujours plus efficace, un syndicalisme toujours plus attentif aux attentes concrètes des collègues, toujours plus exigeant sur l’outil à construire pour y répondre. Ce syndicalisme là doit, après le désaveu infligé au gouvernement lors du référendum, exiger du ” nouveau ” gouvernement le retrait de la journée de travail gratuit.

S.J.

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