Fausse manoeuvre ?
Fausse manoeuvre ?
Quand la direction du SNUipp tire une balle dans le pied du mouvement de grève
A lire les dépêches de presse qui tombent le 3 avril après-midi, la mobilisation devait être moins forte le 4 avril que la semaine précédente. En utilisant des informations livrées par la direction nationale du SNUipp, la presse tentait par une manoeuvre de dernière minute de faire croire que le mouvement était sur le déclin.
Après la très forte mobilisation du 28 mars, après la lamentable manoeuvre de Chirac qui promulgue la loi en faisant semblant de ne pas vouloir l’appliquer, il était très important pour le mouvement de la jeunesse et des salariés de réussir la journée de grève et de manifestations du 4 avril. L’objectif désigné par tous les observateurs, par les organisations syndicales comme par la presse, était d’atteindre un niveau au moins égal à celle de la semaine précédente. Les enseignants des écoles, qui avaient été les plus nombreux à faire grève le 28 mars,
Consciente de cet enjeu, chacune des sections départementales du SNUipp jetait toutes ses forces pour entra”ner le plus de collègues dans l’action. Lundi 3 avril, rien n’est encore joué : comme le soulignait le SNuipp 06 dans sa lettre n¡77, adressée aux écoles lundi 3 avril à 11h32, “Il est encore temps de décider la grève et de prévenir les parents”. Même dans une section puissante comme celle des Alpes-Maritimes, il n’est pas possible de connaître la veille le nombre de grévistes, les indications partielles qui remontent des écoles ne permettant d’avoir qu’un “présentiment”.
Quand bien-même ces remontées seraient décevantes, il n’est pas dans le rôle d’une organisation syndicale d’annoncer à l’avance un recul de la mobilisation, qui ne pourrait avoir comme effet que d’accentuer la démobilisation. Ainsi, à la RATP et à la SNCF, ce sont les directions des entreprises qui ont fait savoir à la presse que le taux de grévistes serait en baisse le 4 avril. Info ou intox ? de toute façon, l’objectif était clairement d’affaiblir le mouvement.
Comment comprendre alors que la direction nationale du SNUipp ait pu livrer à la presse dès lundi 3 avril le matin des informations faisant état d’une baisse de la mobilisation dans les écoles, sur la base de chiffres partiels ne concernant que la moitié des sections ? La presse s’est immédiatement emparée de cette information et s’est fait un plaisir de lui donner tout l’écho nécessaire pour donner l’impression que le mouvement était sur le déclin, alors qu’aucune autre organisation syndicale ne donnait de tel signal négatif.
Qu’en ont pensé tous les militants, tous les adhérents, tous les collègues des sections départementales qui étaient en train de se mobiliser que de prédire leur échec ? Pourquoi cette précipitation à communiquer à la presse des informations défaitistes ? Heureusement la mobilisation dans la rue le 4 avril est venue démentir les Cassandres du 3 avril. La mobilisation a été au moins égale à celle du 28 mars. Toute la presse s’accorde aujourd’hui pour reconnaître que le mouvement ne faiblit pas. Les directions syndicales réunies ce mercredi matin 5 avril pour décider des suites à donner au mouvement vont devoir en tenir compte.
[Ensemble, 5 avril 2006]

"l faut éviter le fléchage des crédits et augmenter la déconcentration de la gestion, notamment en matière de personnel" (commission des finances à l'Assemblée, 14 mars 2006)
):

Mouvement de mai-juin 2003 sur les retraites
Congrès de Seignosse du SNUipp, juin 2004
...à Caen...
... et à Nice.



