Fenêtres sur Cours bat en retraite
L’organe du SNUipp démontre une nouvelle fois sa nullité revendicative dans son numéro du 11 septembre 2006. En particulier l’article intitulé “réforme des retraites version 2″, a fait bondir tous les collègues, syndiqués et non syndiqués, qui par une grève de plusieurs semaines en 2003 ont combattu avec acharnement la réforme Fillon.L’article de Fenêtre sur Cours (Fsc) nous apprend que nous devons nous attendre à une nouvelle réforme des retraites dès 2008. Selon Fsc, qui s’appuie sur des citations d’un nouveau rapport du Conseil d’Orientation des Retraites (COR), la loi Fillon de 2003 ne permettra pas “d’équilibrer les comptes des différents régimes de retraite”.Les salariés avaient bien compris que l’offensive contre leurs droits à la retraite allait se poursuivre. Ainsi le COR reconnaît que les salariés les plus âgés se précipitent pour faire valoir leurs droits à pension car ils anticipent une nouvelle dégradation de leurs conditions de départ : augmentation de la décote, de la durée de cotisation, modification de la base de calcul…Ces menaces sont génératrices d’une anxiété très compréhensible parmi les collègues : comment travailler plus longtemps, quand on effectue un métier qui consomme autant d’attention, autant de disponibilité, autant d’énergie ? comment accepter une nouvelle dégradation des pensions alors que les salaires bloqués, l’augmentation du coût de la vie et en particulier du logement pèsent de plus en plus lourd sur le budget des ménages ? “Travailler plus longtemps ce n’est pas si grave quand on fait un aussi beau métier que celui d’enseignant” avait déclaré une responsable syndicale en 2003. Facile à dire, quand, en cumulant les décharges syndicales, on se débrouille pour éviter de croiser les élèves…Fsc n’est pas plus combatif. L’article n’avance que des arguments démographiques et financiers pour laisser entendre qu’une nouvelle réforme est inévitable, arguments exactement du même type que ceux qui étaient avancés en 2003 par les partisans de la loi Fillon, des économistes libéraux aux patrons du MEDEF, en passant par les dirigeants de la CFDT.En revanche Fsc passe sous silence le fait que la question des retraites est avant tout une question du partage des richesses entre le capital et le travail. Fsc ne rappelle pas que depuis 25 ans, la part des profits dans le PIB ne cesse d’augmenter au détriment de celle des salaires. Fsc ne dit rien de la nécessaire construction d’un rapport de force pour éviter une nouvelle attaque contre les retraites. Fsc ne fait rien pour préparer, même à long terme, la mobilisation.L’article de Fsc ne dit pas un mot des mandats de congrés du SNUipp sur les retraites. Ce n’est pas un article syndical. Il s’apparente plutôt à ces articles qu’on pourrait trouver dans Le Monde ou Libération, dans lequel les journalistes, sans prendre personnellement position, mettent systématiquement en avant les arguments en faveur des thèses libérales. En marge de l’article, quelques points de vue complètent le tableau. Aucun économiste contestataire — il y en a — aucun syndicaliste sincèrement engagé pour la défense des retraites — il y en a — n’est cité. Mais la parole est donné à Le Duigou, haut fonctionnaire et représentant de l’aile “moderniste” de la CGT, à Petitjean de la CFDT, et à … François Fillon.
P Seppecher, 13 septembre 2006

"l faut éviter le fléchage des crédits et augmenter la déconcentration de la gestion, notamment en matière de personnel" (commission des finances à l'Assemblée, 14 mars 2006)
):

Mouvement de mai-juin 2003 sur les retraites
Congrès de Seignosse du SNUipp, juin 2004
...à Caen...
... et à Nice.



