L’Ecole Emancipée et le samedi matin

26 décembre 2007

Le 18 décembre dernier, le site de l’Ecole émancipée a mis en ligne une contribution sur le samedi matin. On y lit le désaccord de l’EE sur le protocole de discussion, on y évoque des “désaccords” au sein du secrétariat national, ce qui est inhabituel:

“C’est sur ce risque et ses conséquences d’apparaître auprès de la profession, avant la grève du 20 novembre, comme acceptant un cadre de discussion imposé par le ministère qu’ont porté les débats et désaccords (notamment de la part de l’EE) des deux derniers secrétariats.

Si le SNUipp a obtenu que le protocole de discussion lui-même ne soit pas signé, il n’en reste pas moins, que la décision de secrétariat d’échange de courriers « d’engagement de discussions » sur la base de ce protocole, au cours d’une rencontre entre le SG du SNUipp et celui du SGEN avec le ministre le jeudi 8 novembre n’était pas partagée par l’ensemble du secrétariat, et plus particulièrement par l’EE.

Le contenu des dépêches qui ont rendu compte de l’accord et l’article du « Monde » qui a suivi a d’ailleurs confirmé que l’échange de lettre équivalait à une signature et de l’exploitation politique que comptait en faire Darcos. Il n’y avait pas d’urgence à répondre à l’injonction du ministère avant le 20 novembre.

Au-delà de cette question de stratégie syndicale, il est notable qu’une décision engageant le SNUipp a été prise en l’absence de synthèse. Il s’agit dans le SNUipp d’un fait exceptionnel.”

Sur le 24+ 3 on y lit un peu plus bas:

 

Nous devons rappeler clairement nos mandats en terme de réduction du temps de travail des enseignants (21 + 3)

C’est sur ces bases que le SNUipp participe aux discussions.

Eh non, ce ne sont justement pas sur ces bases là que le SNUipp participe aux “discussions”, la pétition lancée par UA en étant la preuve.

 

 


24+3: on y est

19 décembre 2007

Extrait du compte-rendu du SNUipp de la séance de travail du 11 décembre dernier des discussions sur la base du protocole que nous avons dénoncé:

Concernant les enseignants, le ministère a précisé que« leur service est de 27 heures hebdomadaires dont 24 heures d’enseignement à tous les élèves et trois heures spécifiquement consacrées à l’aide aux élèves rencontrant des difficultés d’apprentissage, à la concertation, à des actions de formation et aux relations avec les partenaires de l’école ». La répartition à l’intérieur de ces trois heures n’a pas encore été abordée.

Evacuant toute revendication de RTT avec la suppression du samedi matin, la direction du SNUipp réussit donc le tour de force de négocier avec le ministère la mise en œuvre d’un 24+3 qui avait été condamné à l’interne lors du congrès de Seignosse.

Voir aussi:


Publication annoncée des évaluations CE1 et CM2

19 décembre 2007

Les évaluations rendues publiques en même temps que la carte scolaire est supprimée: voilà de quoi donner un coup d’accélérateur à la mise en concurrence des écoles publiques.

Dépêche AFP du mercredi 19 décembre 2007 :

Publication des résultats de chaque école: FCPE et SNUipp-FSU s’insurgent

Les parents d’élèves FCPE et les enseignants du SNUipp-FSU (majoritaire) ont protesté mardi contre l’annonce la semaine dernière par Xavier Darcos de la publication “par école” des résultats de leurs élèves aux évaluations nationales.

Les résultats des “deux évaluations nationales témoins” censées “mesurer les acquis des élèves au CE1 et au CM2″ seront organisées en fin d’année à partir de la rentrée 2009, a assuré le ministre de l’Education lors d’une conférence de presse le 11 décembre.

Il a précisé que les résultats de ces évaluations seraient “rendus publics école par école”, laissant entendre que les parents pourraient se forger leur propre opinion sur le niveau de l’école de leur enfant, par rapport à une autre école.

On est favorables à ce que les résultats des enfants soient communiqués aux parents mais pas du tout à un palmarès des écoles comme il existe un palmarès des lycées“, a protesté auprès de l’AFP Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU.

Pour lui, l’école primaire et le collège, c’est-à-dire la partie obligatoire de la scolarité “doit être à l’abri de cela“.

Si on affiche que dans une école 70% des élèves maîtrisent telle ou telle compétence, on peut imaginer un palmarès dans les journaux locaux“, a-t-il prévenu, jugeant l’opération “contre-productive pour le climat de confiance qui doit exister entre enseignants et parents“.
De plus, a-t-il argumenté, “on ne peut rien en conclure car il est très difficile d’isoler un facteur de réussite“.
Dans un communiqué, la FCPE a estimé que “la compétition entre établissements n’a pas sa place dans l’Education nationale“.
Elle a rapproché cette idée de l’annonce par M. Darcos le même jour que toutes les demandes de dérogations à la carte scolaire seraient acceptées à la rentrée, “dès lors qu’il y aura de la place dans l’établissement souhaité“.
Il est à craindre que les équipes pédagogiques ne s’organisent pour “trier” leurs élèves et avoir de +bons résultats+ afin de mieux s’attirer les “bons élèves” “, a déploré la fédération de parents d’élèves.

Communiqué de la FCPE:

La FCPE s’oppose à la publication sur internet du palmarès des écoles primaires : ce ne sont pas les bons élèves qui font les bonnes écoles - 18 décembre 2007 :

La FCPE s’oppose à la publication sur internet, annoncée par le ministre, des résultats des élèves aux évaluations nationales en CE1 et CM2 dès 2009. Elle regrette que disparaisse ainsi l’objectif premier des évaluations, qui était de détecter les difficultés des élèves pour y apporter des remèdes, au profit d’un jugement de valeur sur le niveau atteint.
La FCPE s’oppose à la publication sur internet, annoncée par le ministre, des résultats des élèves aux évaluations nationales en CE1 et CM2 dès 2009. Elle regrette que disparaisse ainsi l’objectif premier des évaluations, qui était de détecter les difficultés des élèves pour y apporter des remèdes, au profit d’un jugement de valeur sur le niveau atteint.
Pour la FCPE, les résultats synthétiques des évaluations doivent être analysés au sein des écoles et discutés en conseil d’école pour élaborer et ensuite modifier le projet d’école.
Une chose est de transmettre aux familles les résultats de leurs enfants, une autre est de rendre consultables par tous sur internet les résultats d’une école.
La FCPE s’interroge sur les raisons qui motivent cette décision. Qu’apporte concrètement une telle mesure au service public d’éducation à part la mise en concurrence des établissements scolaires ? La compétition entre établissements n’a pas sa place dans l’Education nationale !
Comment interpréter cette mesure au regard de la suppression de la sectorisation ? Il est à craindre que les équipes pédagogiques ne s’organisent pour « trier » leurs élèves et avoir de « bons résultats » afin de mieux s’attirer les « bons élèves ».
Pour la FCPE, il serait plus profitable que, dans les écoles, plus de temps soit pris pour exposer individuellement aux familles les résultats de ces évaluations, plutôt que d’avoir recours à une information de masse qui laisse libre cours aux interprétations erronées et abusives.

Contact presse FCPE : Laurence Guillermou, tel 01 43 57 16 16

Mise à jour de la revue de presse

Les syndicats craignent une mise en concurrence des écoles primaires

LE MONDE | 20.12.07

Les écoles primaires seront-elles mises en concurrence comme le sont chaque année les lycées, à travers la publication des résultats du bac par établissements ? C’est ce que redoutent désormais les syndicats d’enseignants.

Dans un premier temps, le ministre de l’éducation, Xavier Darcos, avait seulement affiché sa volonté de renforcer l’évaluation des résultats des élèves en primaire. En modifiant, dès la prochaine année scolaire, les deux “évaluations nationales” : des tests, que passent tous les élèves de CE1 et de CM2, qui servent de points de repère aux enseignants et à l’administration et nourrissent les statistiques de l’éducation nationale. En précisant, le 11 décembre, que ces résultats “seront rendus publics école par école dès la rentrée 2009“, le ministre a pris le risque de réveiller l’hypersensibilité des enseignants sur ce thème.

Favorables à l’évaluation comme outil pour “enseigner le mieux possible” et à la transmission aux familles des résultats détaillés, les syndicalistes jugent l’idée du ministre “inquiétante” et réclament des “discussions sérieuses”.

Si cette idée de publication devait être maintenue, ce serait un motif de conflit très lourd“, commente Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU, syndicat majoritaire des professeurs des écoles, qui voit déjà se profiler la publication de “palmarès” des écoles primaires et leur “mise en concurrence”. Même réaction au SE-UNSA, dont le secrétaire général, Luc Bérille, estime que la publicité des résultats ferait entrer les écoles “dans une logique de marché“. Sur un plan technique, les deux syndicats soulignent les “effets pervers” possibles : par exemple que des enseignants ou des écoles “jouent le chiffre” au détriment du reste, ou que des réputations bonnes ou mauvaises s’établissent sur des biais statistiques insignifiants. L’entourage de M. Darcos souligne que “la mesure des résultats est un acte professionnel et non un jugement moral“.

Lancées en 1989 sous le ministère de Lionel Jospin, les évaluations nationales, d’abord placées en début de CE2 et de 6e, étaient devenues “des outils appréciés“, de l’avis des syndicalistes. Le ministre Gilles de Robien, en 2005, a avancé vers le début du CE1 et du CM2 ces évaluations dites “diagnostiques”, c’est-à-dire qu’elles permettent de situer un élève ou une école par rapport à des moyennes locales, académiques ou nationales, mais ne sont pas focalisées sur un objectif à atteindre.

Les tests sont en cours de modification, pour les rendre compatibles avec le “socle commun des indispensables” voulu par la loi d’orientation Fillon et, justement, pour les centrer sur des objectifs préalablement fixés en matière de connaissances et de compétences. “Nous dirons : voilà ce que doit être un niveau CE1 ou CM2, et ce ne sera pas des demandes extravagantes“, indique l’entourage de M. Darcos.

Luc Cédelle
Article paru dans l’édition du 21.12.07

Enfants handicapés: Pétition pour des réponses adaptées aux besoins spécifiques de chacun

17 décembre 2007

Enfants handicapés
La scolarisation ordinaire pour tous est inadaptée, voire dangereuse
Pour des réponses adaptées aux besoins spécifiques de chacun

 LETTRE A M. NICOLAS SARKOZY,
Président de la République
Monsieur le Président,

Pour une société digne de ce nom, il n’est pas de plus grave question que celle des jeunes, handicapés ou en très grande difficulté ; parce que ce sont des enfants ou des adolescents parmi les plus fragiles, parce qu’ils nous renvoient l’image de notre propre vulnérabilité et mesurent le degré de justice et de solidarité de notre pays.

Chacun d’entre eux a le droit d’être regardé comme un membre à part entière de la société et celui de recevoir une réponse adaptée à ses besoins spécifiques. La seule manière de concilier cette double nécessité est une réponse élaborée au cas par cas, avec la famille, ouverte vers les autres, mise en oeuvre par des professionnels qualifiés qui connaissent le jeune, ses problèmes, et qui ont les moyens d’accompagner au plus près son évolution.

Il est certain que, de ce point de vue, notre société n’a pas atteint un niveau idéal ; mais au fil du temps, elle a su bâtir des solutions efficaces d’accompagnements, d’éducation et de soins, parce que basées sur une collaboration entre parents, médecins, professionnels médicosociaux et enseignants de l’Education Nationale.

Ces mesures sont nécessairement individuelles et donc multiples.

Elles peuvent consister en soins accompagnant une scolarisation dans une classe ordinaire, si celle-ci est possible et profitable à l’enfant ou l’adolescent ; dans d’autres situations, on peut envisager la complémentarité d’un service de soins et d’une intégration scolaire progressive dans une classe adaptée ; sinon, une prise en charge complète dans un établissement spécialisé, mais ouvert vers l’extérieur, peut se révéler être la meilleure indication. Toutes ces solutions existent ; elles sont irremplaçables.

Il est aussi incontestable que leurs moyens de fonctionnement doivent être assurés et que beaucoup d’entre elles mériteraient d’être développées. Ainsi, Monsieur le Président, vous ne pouvez ignorer que 47 500 places adaptées en établissements et services devraient être créées ; au moins 4 000 jeunes parmi les plus en difficulté, ne trouvant aucune place dans notre pays, sont actuellement pris en charge en Belgique. Vous savez aussi que de nombreuses structures pour adultes handicapés n’ont plus de personnel qualifié.

La fréquentation de l’école peut favoriser l’émulation et le dépassement de soi, tout comme la présence d’un enfant handicapé peut modifier le regard des condisciples valides et, espérons le, des adultes de demain. Mais, la confrontation à des camarades inscrits dans le milieu ordinaire peut aussi provoquer un sentiment d’échec et la perte de confiance en soi. Nous l’avons dit, chaque cas est particulier, chaque réponse doit être mesurée.

Aucune réponse adaptée ne peut venir d’une obligation faite à tous.

Dès lors, comment pourrait-il devenir possible de décréter qu’un enfant, présentant une déficience mentale assez sévère ou de graves troubles de la personnalité, profiterait automatiquement de son inclusion dans une classe ordinaire ? Les pathologies qui entravent l’évolution de ces jeunes touchent précisément à des capacités qui sont à la base même de toute scolarisation. Que peuvent faire pour eux des enseignants, malgré l’aide que tentent de leur apporter des auxiliaires en situation précaire, sans formation ni qualification ? Ils ne sauraient en aucun cas, ni les uns ni les autres, remplacer les professionnels spécialisés pour des soins adaptés.

En abandonnant ces enfants et adolescents à leur handicap et à leur échec, on renforce leur discrimination, on réduit leurs perspectives de progrès et d’autonomie.

Pour les jeunes présentant des troubles sensoriels ou moteurs, nous devons constater que leur inclusion au sein de l’école ordinaire aboutit concrètement à ce que l’on restreigne les moyens humains, matériels et financiers des classes spécialisées, et à fragiliser les liens que celles-ci avaient édifiés avec les centres de soin. Cela, alors que près de 1 500 classes spécialisées ont été fermées ces dix dernières années et que, depuis vingt ans, plus de 14 000 postes d’enseignants spécialisés ont été supprimés.

Pourrait-on accepter que l’on réserve les structures actuellement existantes aux seuls jeunes les plus lourdement handicapés, ceux pour qui l’inclusion à l’école ordinaire paraîtrait par trop insensée ? Ces établissements ne requerraient plus alors qu’un personnel minimum de gardiennage et seraient progressivement dessaisis de toute mission éducative, pédagogique et thérapeutique. D’ores et déjà, ils subissent quotidiennement les effets de limitations financières draconiennes et de pesantes contraintes administratives. De quelle prise en charge bénéficieraient les jeunes handicapés à qui ces nouveaux asiles seraient destinés ?

Comment se résigner au fait que des milliers d’enfants devraient être laissés pour la plus grande part au seul soin de leur famille ? Combien des 47 500 enfants sans solution sont actuellement à la seule charge de leurs parents, avec ou sans quelques heures par semaine de présence à l’école, avec ou sans quelques heures d’aidant familiaux ? Trop de drames se produisent déjà à domicile parce que de jeunes enfants, gravement perturbés, ne bénéficient d’aucun suivi médicosocial conséquent.

Nous voudrions ne pas croire, enfin, que tout cela est en réalité justifié par le fait qu’une place à l’école ordinaire peut coûter jusqu’à dix fois moins cher qu’une place adaptée.

Monsieur le Président, répétons-le : la prise en charge spécialisée des jeunes handicapés mérite sans cesse d’être améliorée, alors que nous assistons à son élimination progressive ; et, en dehors de déclarations généreuses, rien n’est mis à la place.

En conséquence de quoi nombre d’enfants et d’adolescents sont actuellement privés des soins et des encadrements adaptés qui leur sont indispensables ; en conséquence de quoi nombre de jeunes handicapés sont aujourd’hui maltraités dans notre pays.

Il est encore temps, il faut arrêter ce désastre.

Décidez-le !

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de notre respect.

Voir aussi:

 


Mobilisation contre Base élèves en Seine-St-Denis

16 décembre 2007

Retour du 24+3: l’obsession de passer outre les mandats!

13 décembre 2007

6 ans après, la direction nationale du SNUipp nous ressort une pétition “Du temps Monsieur le Ministre!“: même titre, même demande de “3 heures de concertation hebdomadaires incluses sur le temps de service” sans baisser ce dernier! [cf.ici] Alors que le congrès de Seignosse avait enterré le 24+3 et que nous avions toujours soigneusement veillé à la non-réapparition de ce mot d’ordre. Alors que justement la direction est en “négociations” sur la base du protocole ministériel quant à l’aménagement des heures libérées par la fin du samedi matin. Une fois de plus la direction nationale du SNUipp s’automandate, et cherche à faire valider cet automandatement par une pétition. C’est pour elle un moyen de passer par dessus les instances démocratiques de mandatement : les congrès et conseils départementaux et nationaux, de mettre les sections devant le fait accompli.

L’obstination et les méthodes de cette direction là sont anti-démocratiques et contraires aux intérêts collectifs des collègues.

Ensemble

Voir nos textes:


Scolarisation des enfants autistes: l’avis du Conseil National d’Ethique

9 décembre 2007

Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) vient de rendre son avis sur la situation en France faites aux autistes. Le Figaro (ici) et le Monde (ici) insistent sur le caractère “fictif” de l’effort de scolarisation de ces enfants, malgré la loi de 2005 instituant l’obligation d’inscription des enfants handicapés.

Scolarisation “fictive” ? Encore une fois l’école, les enseignants sont mis en accusation. Tous les collègues qui se heurtent chaque jour aux conséquences très réelles de cette loi dans leurs classes, dans leurs écoles, jusqu’à parfois tomber dans la dépression, apprécieront.

J’ai cependant eu la curiosité d’aller voir plus loin que les comptes rendus de la presse nationale et j’ai lu l’avis du CCNE (télécharger). C’est passionnant.

En particulier, pour ce qui nous concerne :

La France a été condamnée par le Conseil de l’Europe en 2004 pour non respect de ses obligations d’accès à l’éducation à l’égard des enfants souffrant d’autisme, mais cela n’a pas encore entraîné de changement significatif dans la prise en charge éducative de ces enfants.

En effet, depuis la loi la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, l’inscription à l’école des enfants souffrant de handicap est devenue obligatoire. Mais, malgré la création de Classes d’intégration scolaires (CLIS) dans l’enseignement primaire et d’Unités pédagogiques d’intégration (UIP) dans l’enseignement secondaire, et la création de postes d’Auxiliaires de vie scolaire (AVS), cette inscription à l’école demeure encore trop souvent, en raison d’un manque d’enseignants et d’auxiliaires de vie scolaire formés, la seule manifestation d’une scolarisation fictive, traduisant une tendance dans notre pays à penser que la reconnaissance symbolique d’un droit peut tenir lieu de substitut à un accès réel à ce droit.

Voilà ce que veut dire le CCNE par scolarisation “fictive” !

Effectivement, quand on inscrit un enfant handicapé a priori, sans que soient examinées les conditions, la possibilité même de sa scolarisation dans des conditions normales, cette scolarisation est fictive.

Effectivement, cette loi ne s’occupe du symbolique, mais place les enfants et les enseignants dans des conditions concrètes insupportables.

Effectivement, l’ajout d’AVS n’a d’autre fonction que d’essayer de rendre cette pseudo scolarisation a un peu moins insupportable.

Quel dommage que ce ne soit pas notre syndicat qui ait le courage de dire cela !

Que faudrait-il alors pour permettre une scolarisation effective des enfants autistes dans les classes ? Le CCNE apporte la réponse :

Dans des pays européens aussi différents que la Suède et l’Italie, ce droit à l’éducation des enfants souffrant de handicap s’est ancré dans la réalité. A titre d’exemple, en Italie, lorsqu’un enfant souffrant de handicap intellectuel ou de communication est inscrit et accueilli dans une classe, l’effectif de la classe est automatiquement divisé par deux, et l’enseignant se voit adjoindre un deuxième enseignant spécialisé.

C’est exactement le contraire de la démarche instituée par la loi française sur le handicap.

La scolarisation effective des enfants handicapés passe par la reconnaissance réelle de leur handicap, c’est à dire par le fait de donner A PRIORI à l’institution scolaire les moyens matériels et humains (en nombre d’agents mais aussi en formation et spécialisation) pour les accueillir. La loi française, au contraire, pourrie de démagogie et de bons sentiments leurre les parents en leur faisant croire que la scolarisation ordinaire de leur enfant est possible. Ce faisant, comme le souligne le rapport, elle place enfants et personnels dans une situation d’échec et de découragement qui relève de la maltraitance.

Pascal Seppecher


Le témoignage d’un collègue

Je suis en effet confronté moi aussi comme mes collègues référents à cette difficulté, ou plutôt à cette hypocrisie!! A juste titre, les parents de ces enfants, qui entendent régulièrement les discours et la propagande de nos ministres à ce propos, souhaitent un temps de scolarisation sinon complet du moins plus conséquent que ce que l’école est en mesure de leur proposer. Les enseignants font preuve d’une bonne volonté frisant l’exploit et un dévouement au-delà de ce qui est imaginable pour parvenir à accueillir dans les conditions les moins mauvaises possibles ces enfants handicapés. Mais les difficultés auxquelles ils sont confrontés sont de tous ordres:-manque évident et de plus en plus criant d’AVS: ceux-ci constituent déjà des personnels très insuffisamment formés(et c’est un euphémisme!) et avec un statut plus que précaire qui fait que il arrive très souvent en cours d’année que ces personnes ,ayant trouvé un autre travail ou formation,quittent leur emploi, aggravant ainsi sans qu’ils en soient en rien responsables, les conditions d’accueil des handicapés. De plus en plus fréquemment aussi, les AVS sont remplacés, faute de recrutement de ceux-ci (certainement déjà trop coûteux!!) par des personnels encore moins qualifiés et encore plus précarisés: EVS, CAV……….. qui constituent même parfois plus une charge pour les enseignants qu’une véritable aide!-le soutien de nos supérieurs hiérarchiques (IEN de circonscription souvent) se révèle parfois… chancelant face aux demandes pressantes de parents très motivés qui vont voir ces IEN pour les sommer de leur trouver une solution: ceux-ci répercutent alors cette pression en obligeant les écoles à accueillir l’enfant handicapé dans n’importe quelles conditions afin de “satisfaire” la famille. J’ajoute que quelquefois aussi ce sont des élus locaux (maires,conseillers généraux,députés…) alertés par ces familles, qui exercent également des pressions inadmissibles alors que ce sont souvent eux qui, de par leur responsabilité d’élus, ont voté des budgets largement insuffisants pour un bon accueil de ces enfants à l’école!!- envoi en stage de spécialisation insuffisant d’instituteurs pour accueillir les élèves handicapés. Il faudrait d’ailleurs remettre sur le tapis la question de cette formation dite en alternance qui se traduit souvent par le remplacement de l’enseignant en place sur une CLIS ou une UPI( pour suivre sa formation de quelques semaines plusieurs dans l’année scolaire) par un collègue TR non formé bien entendu mais aussi moins motivé sur ce type de classe. La formation sur une année complète en stage évitait tous ces inconvénients et permettait surtout une bien meilleure formation.-j’ose à peine évoquer le manque de postes de référents ( dans mon département, à titre d’exemple, chaque référent traite entre 250 et 300 dossiers par an!) et de personnels dans les MDPH, situation qui ne fait qu’accentuer les délais de prise en compte des demandes d’aide à la scolarisation des enfants handicapés. On en demande d’ailleurs de plus en plus aux référents à qui on essaie d’expliquer, en tous cas dans mon département, que ce sont des personnels assimilés aux personnels administratifs des inspections académiques soumis donc aux obligations de ceux-ci en terme de durée du travail par exemple( plus d’heures par semaine et moins de vacances) alors que les textes n’y font aucune allusion et qu’ils précisent au contraire que les référents sont des instituteurs spécialisés, un point c’est tout!Voir aussi:


Protocole: d’autres syndicats réagissent!

8 décembre 2007

Nos protestations à l’interne semblent se baser sur un diagnostic partagé par… d’autres syndicats à l’externe. SUD éducation publie ainsi un communiqué: Suppression du samedi matin dans les écoles : avec la bénédiction du SNUIPP et du SGEN !

Extrait:

On le savait depuis quelques semaines. D’ailleurs notre ministre Darcos s’en vantait sur le site de son ministère où l’on pouvait lire il y a peu : « Le ministre de l’Éducation nationale, Xavier Darcos, le secrétaire général du S.N.U.I.P.P., Gilles Moindrot et le secrétaire général du S.G.E.N.-C.F.D.T. Thierry Cadart, ont décidé de travailler ensemble pour améliorer les résultats de l’école primaire et utiliser de la manière la plus efficace les heures libérées le samedi matin au profit des élèves en difficultés. Pour cela, ils ont conclu un protocole de discussion qui pose des principes communs et fixe un calendrier de travail. Ce protocole est ouvert aux autres syndicats représentatifs qui souhaiteraient s’engager dans cette discussion sur la base de ces principes. »

(…) La Fédération Sud-éducation a refusé de participer à ces « négociations » qui se font sur notre dos. Et poursuivra son action au quotidien pour défendre les collègues et les élèves.

lire le texte entier

Le SNUDI-FO a de son côté publié une Analyse du protocole

« C’est une première que 2 syndicats et un ministre signe un accord sur un protocole de travail » s’est félicité M DARCOS pour qui ce texte est un préalable à la discussion qui sera engagée entre le ministre et les syndicats sur la réforme de l’école primaire.
Nous sommes au moins d’accord avec un point avec le ministre : c’est une première. Mais, pour le SNUDI FO cette « première » pose de sérieux problèmes que nous souhaitons vous exposer.

Nous nous félicitons que SUD et FO réagissent. Si notre syndicat se ressaissait, ce serait encore mieux.

Voir aussi nos précédents articles:


La carte scolaire reportée à après les municipales

7 décembre 2007

Pour éviter les mécontements dus aux 11.200 suppressions de postes prévues, les mesures de carte scolaire annonçant les fermetures de classes sont reportées à après les élections municipales. C’est un scandale politique (le Sgen ayant par exemple publié: Quand l’école est réquisitionnée au service de la cuisine électorale) auquel le SNUipp n’a réagi que sur un plan technique:

Gilles MOINDROT

Secrétaire Général du SNUipp

à

Monsieur Xavier DARCOS

Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

34, rue de Châteaudun 75436 PARIS CEDEX 09

Monsieur le Ministre,

Nous souhaitons vous faire part de notre stupéfaction à propos de l’annonce ministérielle demandant aux académies de retarder les opérations de carte scolaire dans le premier degré.

Ce report vise à différer les conséquences du budget 2008 en matière d’ouverture et de fermeture au-delà des élections municipales. D’autre part, ce report perturbe profondément l’organisation du mouvement des enseignants du premier degré.

La précipitation qui sera mise en œuvre, les délais très courts de constitution et de diffusion et d’étude des documents, nous font craindre pour l’efficacité et la qualité des opérations du mouvement, généralement exemplaires.

C’est pourquoi nous vous demandons de revenir aux dispositions qui étaient déjà prises par le passé en période électorale, à savoir : avancer légèrement le calendrier des opérations de carte scolaire afin de les terminer au moment de la mise en œuvre de la période de réserve liée aux campagnes électorales.

En souhaitant que vous reviendrez sur ces décisions perturbantes pour le fonctionnement des écoles, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’assurance de nos sentiments respectueux.

Nous publions le communiqué plus tonique de la section départementale du SNUipp94:

SCANDALEUX !

Le ministère demande que les ouvertures et fermetures de classes

dans le primaire aient lieu après les municipales.

Le SNUipp-FSU 94 dénonce l’instrumentalisation de l’école publique à des fins politiciennes.


Nous avons appris que le ministère avait transmis des consignes orales aux IA pour que les opérations de gestion d’ouvertures et fermetures de postes dans les écoles du premier degré n’aient pas lieu avant la fin des élections municipales des 9 et 16 mars 2008. La plus grande discrétion leur a été prescrite sur ce dossier, notamment envers les maires qui sont leurs premiers partenaires en matière de carte scolaire. Or, d’ordinaire, la procédure commence en décembre et s’achève en février. L’an dernier le comité paritaire départemental a eu lieu le 12 févrierr 2007.

Le caractère furtif de cette décision ministérielle interpelle. S’il s’agit simplement de ne pas perturber le débat électoral, la mesure peut être annoncée en toute transparence républicaine et démocratique. Ce n’est pas le cas. On peut légitimement supposer que les limites du budget 2008 (11200 suppressions de postes…) aboutiront à une carte scolaire particulièrement tendue juste avant les élections, avec notamment de nombreuses fermetures de classes. Dès lors, il s’agirait de la part du gouvernement de ne pas handicaper les listes des candidats proches de la majorité présidentielle. C’est une instrumentalisation politicienne du service public d’enseignement, au détriment de la transparence et de l’équité du débat public.

De plus, ce report des opérations, provoquera forcément des retards et des contraintes de calendriers extrêmement importants pour les personnels enseignants et administratifs. Le mouvement des personnels pourrait être repoussé en juin ou en juillet. Les personnels administratifs seraient pressés par ce calendrier qui se bousculerait avec les autres opérations de gestion de fin d’année. Les enseignants ne pourraient ajuster leurs mutations dans des conditions sereines. De même, de nombreuses écoles se retrouveraient en situation d’incertitude sur leur avenir, alors que de lourdes modifications du fonctionnement des écoles nécessitant des réorganisations importantes ont été annoncées par le ministre. À terme, ce sont les conditions de la rentrée pour les élèves qui seraient perturbées.

Le SNUipp-FSU dénonce cette utilisation partisane du service public au détriment du fonctionnement des écoles et des droits des personnels. Il exige que les procédures et les échéances ordinaires soient respectées en toute transparence.

Le SNUipp 94 contacte l’IA immédiatement afin de s’assurer que les opérations de carte scolaire ne se trouveront pas cette année, perturbées, au delà des retraits de postes déjà gravissimes, par des considérations politiciennes. Nous tiendrons chacun informé et engagerons l’action si nécessaire.


Fiers de faire la Une

7 décembre 2007

Cela fait longtemps que le SNUipp aime à dépenser les cotisations des syndiqué(e)s en sondages. Ce coup-ci, il ne fait pas seulement de la publicité gratuite sur son site pour Le Monde de l’éducation, il lui fournit la matière du dossier du mois. Les syndiqué(e)s ont-ils droit à une ristourne sur la vente au numéro?

Extrait du site officiel du SNUipp:

Le Monde de l’éducation tire à la une de son numéro de décembre les conclusions du sondage SNUipp/CSA sur les jeunes enseignants.

Le mensuel dresse en trois points le portrait des nouveaux enseignants du primaire : « plus diplômés mais dévalorisés », « désenchantés mais pas découragés », « imaginatifs mais pragmatiques ».

En vingt-deux pages, le dossier aborde tous les points de la formation à la prise de fonction des jeunes enseignants : fracture générationnelle des TICE, fin de la génération Camif, transformation des hussards de la République.

http://www.lemonde.fr/mde/