Samedi matin dégommé: mais les enseignants?
L’annonce hier soir par le ministre de la suppression du samedi matin pour les écoliers dès la rentrée 2008, sans rien dire du temps de service des enseignants, prend de court les syndicats, qui n’ont pas grand chose à en dire, et surtout pas une revendication de RTT. Car est-ce une réaction syndicale de ne trouver qu’à dire qu’on s’inquiète d’un allègement des programmes et qu’il faut une “concertation avec les enseignants, les parents, des chercheurs, des spécialistes des programmes” ? La baisse du volume horaire pour les élèves du 1° degré, qui annonce bien évidemment des économies budgétaires pour leur équivalent prochain dans le 2° degré, va se faire avec un décrochage d’avec le temps de service des enseignants. Mais un autre décrochage, celui de notre direction d’avec la lutte pour la RTT des collègues avait précédé cela. A force de réclamer le “24+3″ et la déconnexion du temps de travail des enseignants et des élèves dans le primaire, les syndicats obtiennent satisfaction de la part du gouvernement le plus franchement réactionnaire qu’on ait connu depuis longtemps.
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Dépêche AFP:
Suppression du samedi matin en primaire : réactions FSU, Unsa-Education, Unapel
Voici les positions du Snuipp-FSU, de l’Unsa-Education et de l’Unapel sur la suppression des cours le samedi matin dans le primaire.
- Gilles Moindrot, secrétaire général du Snuipp-FSU (majoritaire), à l’AFP:
“La question que l’on se pose est de savoir ce que le ministre de l’Education va adopter comme dispositif pour remplacer le samedi. Est-ce que ça va entraîner une diminution des horaires des enseignants? des élèves? ou modifier les vacances? ou est-ce que c’est la journée scolaire qui va être rallongée?
Actuellement, un quart des écoles bénéficient déjà d’un calendrier dérogatoire, et ne font pas classe le samedi. Mais cela se décide localement. Je ne suis pas sûr, par exemple, qu’il faille le même rythme dans une école rurale, qui dépend du ramassage scolaire, que dans une école de centre ville.
Le sujet des rythmes scolaires est trop sérieux et trop important pour qu’on se contente uniquement d’une annonce unilatérale du ministre. Nous voulons une concertation avec tous, parents, municipalités, enseignants … et des études approndies sur la question.”
- SE-Unsa (deuxième syndicat du primaire), dans un communiqué :
“Le SE-Unsa déplore une pratique ministérielle réduisant l’ensemble de la communauté éducative à des supputations sur un sujet aussi important (…) La méthode est désastreuse! Le résultat pourrait l’être aussi si le ministre persistait à vouloir se passer des réflexions de toutes les parties concernées.
L’annonce de la suppression du samedi matin fait l’impasse sur des questions complexes. Quid de l’éventuelle réorganisation des contenus de la scolarité obligatoire, de l’organisation de l’année, du service des enseignants, de l’articulation avec les activités péri-scolaires et associatives, de l’organisation du transport scolaire, de la diversité des calendriers scolaires actuels?
La question “ne peut être réglée que dans le cadre d’un large partenariat, incluant représentants de l’Education nationale, des parents, des enseignants, du monde associatif et des collectivités territoriales“.
- Véronique Dintroz-Gass, présidente de l’Unapel (parents d’élèves scolarisés dans l’enseignement catholique) à l’AFP :
“Sur le principe, nous ne sommes pas contre la suppression du samedi matin. D’ailleurs, l’autonomie des établissements privés fait que la libération du samedi matin est souvent pratiquée, après une décision en communauté éducative entre toutes les parties.
Cela répond à une véritable demande familiale et sociétale, notamment en raison des familles recomposées et avec la réduction du temps de travail (RTT).
Que va proposer le ministre à la place? L’essentiel pour nous est de respecter les rythmes biologiques et d’apprentissage des enfants“.
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La déclaration à la presse du SNUipp:
Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU : “Un arrêt des activités intellectuelles pendant deux jours entraîne une difficulté pour les élèves à se remettre au travail le lundi et ça a des conséquences plus graves encore pour ceux qui, le samedi, ne bénéficient pas d’activités culturelles et sportives. Le président de la République et le ministère ont d’abord pris en compte l’évolution de la société qui fait que de plus de plus de parents aspirent à bénéficier du samedi comme journée de congés. Diminuer le nombre d’heures par semaine pour en dégager certaines vers les élèves qui en ont besoin, pourquoi pas mais est-ce que ça doit se faire par une baisse du nombre d’heures pour tous les élèves ? Ces dernières années, les programmes ont été alourdis avec les langues vivantes ou l’éducation au développement durable. Si l’horaire hebdomadaire est diminué de deux heures, ça doit avoir des conséquences sur le programme, l’équilibre entre les matières. Il est absolument nécessaire que le ministre organise une concertation avec les enseignants, les parents, des chercheurs, des spécialistes des programmes, etc. On lui demande de le rencontrer le plus rapidement possible”. Sur la forme, “la méthode est détestable: sur un sujet qui a de l’importance, au delà de l’école parce que les rythmes scolaires touchent toute la société, procéder par une annonce à un JT sans avoir discuté de l’annonce et de toutes ses conséquence avant, ça témoigne de l’absence de dialogue social à l’Education nationale” (Déclaration à l’AFP, vendredi 28 septembre)

"l faut éviter le fléchage des crédits et augmenter la déconcentration de la gestion, notamment en matière de personnel" (commission des finances à l'Assemblée, 14 mars 2006)
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Mouvement de mai-juin 2003 sur les retraites
Congrès de Seignosse du SNUipp, juin 2004
...à Caen...
... et à Nice.




28 septembre 2007 à 19:30
J’ai été à l’école en Belgique où nous n’avions que le mercredi après-midi libre (pas toute la journée comme en France) mais tout le weekend libre pour nous reposer, pour passer du temps avec nos parents et tout s’est bien passé … pas de problème suite à deux jours sans école !!! Au Luxembourg ENFIN on a le samedi libre qui permet de partir un weekend, ouvrir les enfants à autre chose et leur permettre d’au moins deux fois sur la semaine pouvoir dormir plus tard … mais ils commencent l’école à 7h50 pout compenser les heures perdues du samedi …
8 décembre 2007 à 16:08
Et bien moi, je suis directrice d’élémentaire en banlieue parisienne, dans une commune où depuis septembre 2007nous vivons au rythme du 4 jours et demi avec mercredi matin jamais libéré….
Au bout d’un trimestre de fonctionnement, le bilan est plutôt catastrophique:
le lundi les élèves mettent presque la journée à se remettre dans les pré-requis de la semaine précédente, et, à partir du jeudi la fatigue physique et nerveuse est tellement forte tant côté élèves que côté enseignants, que les heures sont beaucoup constituées de gestion du groupe. Alors quel bilan pour la réussite des élèves. Devinez.
Les accidents, la violence atteignent des pics sans précedents les deux derniers de la semaine.
Par contre, aucun doute que tout à chacun peut prévoir de passer du temps avec sa famille, ses amis…Mais là, nous ne sommes plus dans le domaine de l’intérêt de l’enfant dans une organisation hebdomadaire des apprentissages, mais dans celui de l’intérêt des ADULTES.
Par ailleurs, et ceci à l’attention des collègues du premier degré qui pourraient croire que ce rythme est une solution, la vie des circonscritptions est totalement disloquée. La 27ème heure, si bien réglée avec le samedi matin, se retrouve reléguée au vendredi soir….Se regrouper pour réfléchir, préparer des projets, etc… après une semaine de classe complète et des heures tardives (jusqu’à 19 h00), n’est absolument pas propice à une qualité de réflexion, à une bonne capacité d’investissement des personnels. Ceci va sans dire des problèmes d’organisation familiale pour ces soirées.
Je m’arrête, je suis intarissable sur notre pauvre situation!
3 avril 2008 à 20:23
j’ai passé ma scolarité au Japon et en Belgique, et chaque fois sur un système de 4,5 jours - lu, ma, me matin, jeu, ve. Ce système est en vigeure en Belgique depuis les années 1970 et pose visiblement pas de problème. Je pense que la France est la seule pays en Europe avec un enseignement le Sa matin et où on a du mal a s’en défaire. Je n’y comprends pas grand chose. Les discours que le démarrage le lundi est trop long, que les enfants de famille en problème sont laisser trop longtemps seul, … ne tiennent pas vraiment debout, car pourquoi est ce qu’on a ralonger alors toutes les petites vacances durant l’année scolaire et seront les 2 mois d’été pas un problème ?
A mon avis le grand problème est le contenu des journées et la quantité de matière qui posent problème. Je pense même qu’une semaine de 4 jours et des vacances d’été de 5 semaines seraient beaucoup plus positif pour les enfants que la brouhaha qui existe maintenant.
Si les français regardaient pour une fois plus loin que leur frontière ils verront bien qu’ailleurs les élèves réussissent même mieux qu’ici et avec une semaine beaucoup moins lourde !