La carte scolaire reportée à après les municipales
Pour éviter les mécontements dus aux 11.200 suppressions de postes prévues, les mesures de carte scolaire annonçant les fermetures de classes sont reportées à après les élections municipales. C’est un scandale politique (le Sgen ayant par exemple publié: Quand l’école est réquisitionnée au service de la cuisine électorale) auquel le SNUipp n’a réagi que sur un plan technique:
Gilles MOINDROT
Secrétaire Général du SNUipp
à
Monsieur Xavier DARCOS
Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
34, rue de Châteaudun 75436 PARIS CEDEX 09
Monsieur le Ministre,
Nous souhaitons vous faire part de notre stupéfaction à propos de l’annonce ministérielle demandant aux académies de retarder les opérations de carte scolaire dans le premier degré.
Ce report vise à différer les conséquences du budget 2008 en matière d’ouverture et de fermeture au-delà des élections municipales. D’autre part, ce report perturbe profondément l’organisation du mouvement des enseignants du premier degré.
La précipitation qui sera mise en œuvre, les délais très courts de constitution et de diffusion et d’étude des documents, nous font craindre pour l’efficacité et la qualité des opérations du mouvement, généralement exemplaires.
C’est pourquoi nous vous demandons de revenir aux dispositions qui étaient déjà prises par le passé en période électorale, à savoir : avancer légèrement le calendrier des opérations de carte scolaire afin de les terminer au moment de la mise en œuvre de la période de réserve liée aux campagnes électorales.
En souhaitant que vous reviendrez sur ces décisions perturbantes pour le fonctionnement des écoles, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’assurance de nos sentiments respectueux.
Nous publions le communiqué plus tonique de la section départementale du SNUipp94:
SCANDALEUX !
Le ministère demande que les ouvertures et fermetures de classes
dans le primaire aient lieu après les municipales.
Le SNUipp-FSU 94 dénonce l’instrumentalisation de l’école publique à des fins politiciennes.
Nous avons appris que le ministère avait transmis des consignes orales aux IA pour que les opérations de gestion d’ouvertures et fermetures de postes dans les écoles du premier degré n’aient pas lieu avant la fin des élections municipales des 9 et 16 mars 2008. La plus grande discrétion leur a été prescrite sur ce dossier, notamment envers les maires qui sont leurs premiers partenaires en matière de carte scolaire. Or, d’ordinaire, la procédure commence en décembre et s’achève en février. L’an dernier le comité paritaire départemental a eu lieu le 12 févrierr 2007.Le caractère furtif de cette décision ministérielle interpelle. S’il s’agit simplement de ne pas perturber le débat électoral, la mesure peut être annoncée en toute transparence républicaine et démocratique. Ce n’est pas le cas. On peut légitimement supposer que les limites du budget 2008 (11200 suppressions de postes…) aboutiront à une carte scolaire particulièrement tendue juste avant les élections, avec notamment de nombreuses fermetures de classes. Dès lors, il s’agirait de la part du gouvernement de ne pas handicaper les listes des candidats proches de la majorité présidentielle. C’est une instrumentalisation politicienne du service public d’enseignement, au détriment de la transparence et de l’équité du débat public.
De plus, ce report des opérations, provoquera forcément des retards et des contraintes de calendriers extrêmement importants pour les personnels enseignants et administratifs. Le mouvement des personnels pourrait être repoussé en juin ou en juillet. Les personnels administratifs seraient pressés par ce calendrier qui se bousculerait avec les autres opérations de gestion de fin d’année. Les enseignants ne pourraient ajuster leurs mutations dans des conditions sereines. De même, de nombreuses écoles se retrouveraient en situation d’incertitude sur leur avenir, alors que de lourdes modifications du fonctionnement des écoles nécessitant des réorganisations importantes ont été annoncées par le ministre. À terme, ce sont les conditions de la rentrée pour les élèves qui seraient perturbées.
Le SNUipp-FSU dénonce cette utilisation partisane du service public au détriment du fonctionnement des écoles et des droits des personnels. Il exige que les procédures et les échéances ordinaires soient respectées en toute transparence.
Le SNUipp 94 contacte l’IA immédiatement afin de s’assurer que les opérations de carte scolaire ne se trouveront pas cette année, perturbées, au delà des retraits de postes déjà gravissimes, par des considérations politiciennes. Nous tiendrons chacun informé et engagerons l’action si nécessaire.

"l faut éviter le fléchage des crédits et augmenter la déconcentration de la gestion, notamment en matière de personnel" (commission des finances à l'Assemblée, 14 mars 2006)
):

Mouvement de mai-juin 2003 sur les retraites
Congrès de Seignosse du SNUipp, juin 2004
...à Caen...
... et à Nice.




10 décembre 2007 à 21:58
Le SNUipp tente de se rattraper en publiant deux jours plus tard un article moins mou sur son site: http://www.snuipp.fr/spip.php?article5165