Protocole: la direction dit n’avoir pas signé

5 décembre 2007

Dans notre précédent article Le SNUipp accompagne l’utilisation des heures libérées par le samedi matin, nous avions reproduit l’information du ministère comme quoi un protocole de discussions avait été signé avec le SNUipp. Le Conseil National et le site officiel du SNUipp ont précisé depuis:

Le SNUipp a répondu au ministre qu’il participera à ces réunions sur la base des principes du protocole d’ouverture des discussions (sans signer ce protocole comme le ministre l’exigeait)

Prenons acte de la nuance. Car n’est ce pas une nuance puisque la direction reconnaît être allée aux discussions “sur la base” dudit protocole, accepté même si non formellement signé comme l’annonçait le site du ministère, ou quand on lit par ailleurs que:

Le Ministre a finalement décidé de répondre à notre demande en ouvrant des discussions et de préciser à partir d’un protocole d’ouverture de discussions les bases de celles-ci qui débuteront le 22 novembre. [*]

ou

Nous avons précisé que nous nous sommes engagés dans ces discussions sur les principes du protocole d’entrée en discussion. [**]


Quelle pression?

4 décembre 2007

Les organisations syndicales de la Fonction publique nous ont servi hier une déclaration remarquable pour nous dire… qu’elles n’ont rien à nous dire sinon qu’elles iront aux négociations du 17 décembre. Comme pour mettre une touche de ton combatif elles ont précisé: “Les organisations syndicales signataires prennent acte de ces annonces mais entendent maintenir la pression…” Quelle pression?? Des actions seraient donc envisagées pour un rapport de force préalable à la négociation? Allons donc! On ne nous annonce qu’une… réunion après la négociation:

Les organisations signataires apprécieront les réponses ou l’absence de réponses et arrêtent le principe d’une nouvelle rencontre intersyndicale à l’issue de cette première réunion de négociation“.

Avec une telle pression, les fonctionnaires savent désormais qu’ils sont en de bonnes mains.

Stéphane Julien


EVS et rattrapage des vacances scolaires: analyse d’AC!

16 novembre 2007
Source: Agir ensemble contre le chômage AC ! 54, 10 novembre 2007

CAV et CAE de l’Education nationale : Non au rattrapage des vacances scolaires !

L’Education Nationale doit respecter les dispositions du Livre 2 du Code du Travail pour les personnels recrutés sous contrats de droit privé

L’article L.223-15 stipule que « lorsque le maintien en activité d’un établissement n’est pas assuré pendant un nombre de jours dépassant la durée fixée pour la durée des congés légaux annuels, l’employeur est tenu pour chacun des jours ouvrables de fermeture excédant cette durée, de verser à son personnel une indemnité qui ne peut être inférieure à l’indemnité journalière de congés payés » Selon l’article L. 223-11, cette indemnité « ne peut (elle-même) être inférieure au montant de la rémunération qui aurait été perçue pendant la période de congé si le salarié avait continué à travailler ».

Autrement dit, s’ils sont inemployés plus longtemps que la durée prévue pour les congés payés, les salariés sont en congés de fait et doivent percevoir une indemnité au moins égale à leur salaire.

La clause de modulation des horaires, d’ailleurs uniquement autorisée pour le CAV, qui ne permet de faire varier l’horaire hebdomadaire ou mensuel que dans la limite d’un tiers, supérieur et inférieur, ne peut s’appliquer aux vacances scolaires.

En imposant aux personnels sous CAV et CAE des heures complémentaires non rémunérées sous prétexte de leur faire rattraper les vacances scolaires, de nombreux établissements publics locaux d’enseignement (EPLE) récupèrent indûment l’indemnité mentionnée à l’art. L223-15.

Les EVS concerné(e)s sont donc en droit d’en réclamer le remboursement en demandant à l’établissement recruteur le paiement des heures effectuées en plus de l’horaire contractuel (26h pour les CAV et 20h pour les CAE) depuis le début de leur contrat, par lettre recommandée avec AR, reprenant l’argumentaire exposé ci-dessus.

Par la même occasion, si les congés payés ne figurent pas sur les bulletins de paie de l’année scolaire précédente, il est possible de réclamer le paiement de l’indemnité de congés payés pour la période de référence, qui n’est pas l’année scolaire mais celle qui va du 1er juin 2006 au 31 mai 2007.

Il n’est pas inutile de rappeler aux employeurs que les congés payés doivent être décomptés en jours et non pas en heures et que les personnels sous contrats de droit privé employés à temps partiel ont droit aux mêmes congés que ceux qui travaillent à temps complet, c’est-à-dire 2,5 jours ouvrables par mois en plus des jours fériés légaux.

Pour « optimiser la gestion des contrats aidés » , comme le dit la Direction des Affaires Financières (DAF), traduisez « pour les exploiter jusqu’au trognon », comme on dit en Lorraine, certains gestionnaires d’EPLE s’obstinent à annualiser le temps de travail des personnels employés sous contrats de droit privé et à proratiser leurs congés payés, comme ils le font pour les agents recrutés sous contrats de droit public.

En les contraignant à effectuer des heures complémentaires gratuites, ils privent les EVS de la possibilité d’acquérir une formation qualifiante ou de se procurer, par l’exercice d’un deuxième emploi, un complément au salaire dérisoire qui leur est octroyé : 602,92 € pour un CAE et 783,80 € pour un CAV.

Il est temps que cela cesse !

Il est temps que l’Education Nationale renonce aux recrutements sous contrats précaires et décide, pour la prochaine rentrée scolaire, la création de postes statutaires correspondant aux nouveaux métiers d’assistant administratif des écoles et d’auxiliaire de vie pour les élèves en situation de handicap, auxquels les personnels actuellement en place doivent pouvoir accéder.

Il est temps que les contractuels de l’Education Nationale se mobilisent pour en finir avec la précarité.


Grève unitaire le 20 novembre

15 novembre 2007

Le SNUipp accompagne l’utilisation des heures libérées par le samedi matin

9 novembre 2007

Tristes jours pour les militant(e)s qui rêvaient d’un syndicat qui ne soit pas d’accompagnement et qui s’appuie sur son mandat, son seul et unique mandat, de 18h/semaine avec première étape à 21+3:

Protocole de discussion avec le S.N.U.I.P.P. et le S.G.E.N. - C.F.D.T.
Communiqué de presse - Xavier Darcos 08/11/2007

Le ministre de l’Éducation nationale, Xavier Darcos, le secrétaire général du S.N.U.I.P.P., Gilles Moindrot et le secrétaire général du S.G.E.N.-C.F.D.T. Thierry Cadart, ont décidé de travailler ensemble pour améliorer les résultats de l’école primaire et utiliser de la manière la plus efficace les heures libérées le samedi matin au profit des élèves en difficultés. Pour cela, ils ont conclu un protocole de discussion qui pose des principes communs et fixe un calendrier de travail. Ce protocole est ouvert aux autres syndicats représentatifs qui souhaiteraient s’engager dans cette discussion sur la base de ces principes.

 

Le ministre de l’Éducation nationale, Xavier Darcos, le secrétaire général du S.N.U.I.P.P., Gilles Moindrot et le secrétaire général du S.G.E.N.-C.F.D.T. Thierry Cadart, ont décidé de travailler ensemble pour améliorer les résultats de l’école primaire et utiliser de la manière la plus efficace les heures libérées le samedi matin au profit des élèves en difficultés. Pour cela, ils ont conclu un protocole de discussion qui pose des principes communs et fixe un calendrier de travail. Ce protocole est ouvert aux autres syndicats représentatifs qui souhaiteraient s’engager dans cette discussion sur la base de ces principes.

À consulter

Protocole de discussion signé entre
le Ministère de l’Éducation nationale,
le S.N.U.I.P.P. et le S.G.E.N.-C.F.D.T.

[pdf]

Extrait:

(…) Sur le fondement de ces principes, les syndicats et le ministre de l’Education nationale conviennent d’un programme de travail portant sur le réinvestissement des heures libérées par la suppression des heures de cours du samedi matin. Avec la 27ème heure déjà consacrée à la concertation et à la formation, ce sont 108 heures qui sont rendues disponibles dans l’année. Le travail lancé en commun concernera :
• Le principe d’utilisation de ces heures et les modes possibles d’organisation de la semaine qui en découleront.
• Les modalités d’organisation et de répartition de ces heures, afin de renforcer le travail en équipe et la formation des enseignants et leur articulation avec les dispositifs actuels d’aide aux élèves en difficulté et de formation continue des enseignants.

Voir aussi:


Service minimum dans les écoles annoncé pour 2008

7 novembre 2007
Source: dépêche AFP du 6-11-07

PARIS (AFP) — Le ministre de l’Education Xavier Darcos a indiqué mardi qu’il tablait sur un “accord” avec les partenaires sociaux “l’année prochaine” qui obligera les enseignants du primaire à assurer l’accueil des élèves en cas de grève.

Je pense qu’on arrivera assez rapidement à un accord“, a assuré le ministre sur Radio Classique, ajoutant, sur une question du journaliste: “oui, l’année prochaine“.

Le service minimum dans l’Education nationale ne peut être que l’accueil des élèves” dans les écoles primaires, sans obligation d’assurer les cours, a répété M. Darcos, jugeant nécessaire “d’abord que les enfants soient accueillis, ne soient pas à la rue“.

Il a rappelé que, concrètement, “les enfants de l’école primaire sont rarement à la rue” mais a souhaité “formaliser” cette situation, a-t-il ajouté.

L’entourage de M. Darcos a confirmé à l’AFP que “des discussions vont s’engager avec l’ensemble des partenaires, on pense pouvoir arriver à un accord l’année (civile) prochaine“, c’est-à-dire dans les prochains mois.

Seules les écoles primaires, qui ferment s’il y a trop d’adultes grévistes pour accueillir l’ensemble des enfants dans des conditions de sécurité, seront concernées par cette mesure.

Les collèges et lycées restent ouverts et un accueil est assuré quoiqu’il arrive les jours de grève.

Voir aussi:


Motion laïcité de SUD éduc Haute-Normandie

2 novembre 2007

Très bon texte laïcité adopté par SUD éducation Haute-Normandie le 3 octobre dernier. [pdf ici]

(motion SUD éducation 27/ 76):

Les attaques contre l’école publique.


De plus en plus souvent, école publique et école privée confessionnelle font l’objet d’un traitement identique :

- formation des professeurs du second degré en IUFM, secteurs public et privé confondus depuis les accords Lang-Cloupet.

- crédits de fonctionnement des écoles financés par les communes à quasi égalité entre le public et le privé.

- alignement du niveau des pensions de retraite des enseignants du privé avec celui du public (30 millions d’euros par an pour l’état et autant d’économies pour l’employeur privé).

- enseignement du fait religieux dans le public, enseignement confessionnel dans le privé. (95% de l’enseignement privé est confessionnel)

- assouplissement de la carte scolaire pour aller vers sa disparition malgré des effets désastreux lors de son contournement massif comme c’est le cas dans certains quartiers en faisant encore régresser la mixité sociale.

- avec les EPEP (Etablissements Publics d’Enseignement Primaire), contrôle par les hiérarchies locales des attributions de postes comme dans le privé.

- projets d’école et d’établissement avec obligation d’y adhérer qui rappellent le caractère ” propre ” du privé.

Le fonctionnement de l’enseignement privé est devenu un modèle pour réformer l’enseignement public.

Ce traitement, loin de réduire les inégalités rencontrées au sein même de l’école publique favorise maintenant l’enseignement privé. Par exemple, la suppression des postes est proportionnellement plus importante dans le public.

A présent, s’ajoute une nouvelle forme d’oppression qui prétend asseoir son emprise irrationnelle sur les cerveaux, se présentant comme aussi indiscutable – au sens propre – que la religion : la marchandisation. Les dévots de Saint Nike et de Sainte Cocacola sont aujourd’hui plus nombreux dans les écoles que les adeptes d’autres religions, anciennes ou nouvelles. Cela n’empêche pas, bien sûr, les anciennes religions de chercher sans cesse à revenir sur les conquêtes laïques. C’est donc sur ces deux fronts que nous devons défendre la laïcité.

Les entorses à la laïcité et à la loi de 1905 ne sont pas nouvelles (cette liste est non exhaustive):

- 1918 : maintien du concordat (1801) après le retour de l’Alsace Lorraine sur le territoire français (avec, entre autre, la rétribution des ministres du culte par l’état et l’enseignement religieux dans les écoles publiques).

- 1940 – 1941 : loi Vichy : autorisation d’enseigner pour les congrégations religieuses et enseignement du catéchisme dans les programmes des écoles publiques.

- 1951 : lois Marie-Barangé octroyant des bourses d’état aux élèves du privé.

- 1959 : loi Debré instituant les contrats simples (les enseignants sont payés par l’état) ou d’association avec les établissements privés (subventions et contrôle des programmes en plus).

- 1966 :loi d’orientation sur la formation professionnelle : convention entreprise-école

- 1967 :Fouchet : création des IUT et choix des enseignants selon leurs compétences par le patronat.

- 1977 : loi Guermeur : les établissements privés gardent leur caractère propre, c’est-à-dire leur spécificité religieuse ; les dépenses de fonctionnement du privé sont prises en charge selon les mêmes critères que celles du public.

Toutes ces aides n’empêchent pas l’enseignement privé de faire participer financièrement les familles ni de continuer à trier ses élèves.

Ces concessions faites à l’enseignement privé ne sont pas un signe d’ ” ouverture ” (on a parlé de laïcité ouverte), mais au contraire, un retour au passé avec l’enseignement congrégationiste.

Les ministres successifs ne cessent de reconnaître à l’enseignement privé ” une mission de service public “, ce qui n’empêche pas celui-ci de tenir à conserver son caractère ” propre “.

Dans le même temps, des établissements de toute confession profitent de ces opportunités pour se développer.

Les dangers du communautarisme.

Notre société évolue ainsi vers le communautarisme dont, pourtant, on commence à voir les effets pernicieux, liberticides et parfois barbares en Grande-Bretagne, Etats-Unis, Canada, Pays Bas, France aussi.

Voici quelques exemples parmi beaucoup :

- au Québec, le principe d’ ” accommodement raisonnable ” qui permet à une personne d’échapper à la règle si elle se sent discriminée par celle-ci. Une école interdit les armes blanches dans ses locaux et refuse à un jeune sikh de porter le kirpan (couteau) ; au terme de quatre années de procès, la famille obtient gain de cause : le couteau sera porté mais cousu dans ses vêtements.

- aux USA, des états imposent l’enseignement du créationnisme.

- en France et ailleurs, des professeurs se heurtent au refus par des élèves de suivre certains enseignements : sport, sciences naturelles ; à tel point que des professeurs finissent par s’autocensurer.

Ces exemples concernant l’éducation s’inscrivent dans une offensive généralisée de la censure et de l’oppression : interdiction de spectacles, remise en question du droit à l’avortement, acceptation des mutilations sexuelles, refus d’interventions médicales, violences faites aux femmes qui s’émancipent, ségrégation sexuelle…

Sans réaction de notre part, notre société va évoluer vers une juxtaposition de communautés religieuses, chacune avec ses règles, organisant une société cloisonnée.

Or, le communautarisme impose l’appartenance à un groupe. Sitôt né, l’enfant est la ” chose ” du clan ou de la famille. Il lui est souvent imposé une religion, des rituels, parfois des mutilations, cela au mépris total des droits humains. Aussi, quelle liberté pour l’individu de s’en émanciper ?

Les exemples précédents nous montrent que c’est parfois impossible.

Par ailleurs, nos arguments sont toujours très respectueux des croyances mais, en revanche quelle place le communautarisme fait-il à tous ceux et celles qui sont convaincus que le ciel est vide et qu’il n’y a pas d’au-delà ?

Logique de ces attaques.

Ces attaques contre la laïcité appartiennent à une logique dont le but est d’imposer un projet de société tout acquis au bon fonctionnement du capitalisme : réalisation de profits immédiats pour quelques uns au détriment de tous les autres.

L’école publique, qui a pour origine au XIXe siècle, la transmission des idées républicaines et la formation des futurs contremaîtres de l’industrie en développement, se révèle trop coûteuse et dangereuse pour ces profits. La livrer aux pouvoirs locaux politiques et économiques et, dans le même temps continuer à ouvrir les mannes financières à l’école privée (les religieux sont aussi de bons comptables), et voilà parachevée sa destruction. Ajoutons à cela des programmes réduits à ” un socle commun de connaissances “, des cours de religion s’appuyant sur l’ignorance et la croyance en un monde meilleur initié par la misère. Il a toujours été utile aux puissants que le peuple croie dans l’irrationnel, que celui-ci soit religieux ou donne l’illusion du bonheur par l’emploi de telle marque de produit, pour le soumettre aisément à toutes les formes d’autorité, déclarée ou pernicieuse.

Pour cela, certains politiciens font alliance avec les religieux réactionnaires pour cloisonner la société et nous faire oublier que nous avons plus de raisons de nous rassembler que de nous diviser : lutter pour l’égalité, pour l’emploi, pour les services publics, pour les droits des femmes et des enfants…

Une fois le combat social éteint, les rouages de la société libérale pourront tourner tranquillement.

L’histoire nous apprend qu’à chaque fois que les mouvements sociaux sont en recul, les possédants s’attachent au démantèlement de l’école publique.

C’est le cas aujourd’hui.

Les attaques contre les services publics.

Les attaques contre l’école s’inscrivent dans la destruction généralisée des services publics.

* services postaux privatisés : distribution des colis, gestion des comptes.
* prestataires privés de distribution de l’électricité, du gaz et de l’eau.
* partage du ” marché ” de la santé entre le secteur public et le secteur privé attribuant à ce dernier les actes rentables et sans risques.
* suppression du secteur bancaire du trésor public livré sur un plateau aux banques privées.
* les prix du TGV qui n’ont plus rien à voir avec un service de transport s’adressant à tous car mis en concurrence avec l’avion pour être préféré par les hommes d’affaires.
* abandon du fret au profit de sociétés privées.

Partout, nous devons refuser les privatisations.

Spécificité de l’école.

Ce qui différencie l’école des autres services publics, c’est sa fonction d’éducation et de formation de la jeunesse. Adulte, je peux choisir entre hôpital public ou clinique privée, si

j’en ai les moyens. Enfant, je ne peux pas choisir mon école. C’est à la société des adultes de permettre aux jeunes de se développer à l’abri des influences idéologiques, d’exercer sa réflexion, de choisir librement ses convictions.

L’école est une nécessité pour une société qui veut se développer conformément aux droits humains universels : ce doit être le lieu de l’émancipation des jeunes, de leur rencontre et de leur confrontation entre eux et avec d’autres adultes que ceux du milieu de naissance.

C’est aussi le lieu des apprentissages, des découvertes qui ne peuvent se concevoir sans l’indépendance totale vis-à-vis des pressions et tutelles idéologiques et en dehors de toute compétition. C’est dans ces conditions que ces élèves devenus adultes pourront s’insérer de manière active et devenir des êtres libres à même de maîtriser leur avenir tout en sachant qu’il n’est pas indépendant des choix collectifs.

Seule l’école publique peut garantir ces droits.

Enseigner dans les établissements privés confessionnels relève d’un choix. Le candidat doit d’abord demander l’accord de la direction de l’enseignement catholique avant de s’inscrire à l’IUFM..

Tout syndicat se réclamant de la laïcité, tout syndicat membre de Solidaires doit revendiquer un service public unifié d’éducation.

Certes, nous ne nous satisfaisons pas du système scolaire actuel qui reproduit les inégalités sociales.

Mais nous ne devons pas nous résigner et nous devons lutter pour l’améliorer et combattre la pauvreté sociale et culturelle sur laquelle s’appuient les cléricaux et les marchands.

Nous devons combattre aussi le catéchisme libéral. La décentralisation accentue l’intrusion des entreprises privées dans l’école par la financement de matériel et de projets, faisant ainsi entrer dans l’école des valeurs marchandes contraires à l’esprit d’égalité dans le service public. Déjà, de plus en plus d’entreprises développent leurs propres centres de formation, au détriment de l’école publique et du respect de l’égalité d’accueil sur le territoire.

L’éducation nationale elle-même, s’appuyant sur le prétendu ” Code de bonne conduite en milieu scolaire ” introduit par J.Lang en 2001, officialise l’intrusion des financements privés dans l’école, justifiant et encourageant ainsi les coupes budgétaires.

La laïcité : une nécessité.

Des services publics remplissant leur mission de solidarité et d’égalité ne sauraient se passer du principe de laïcité.

La laïcité n’est pas un combat d’arrière garde.

Seule une société inscrivant dans ses principes fondateurs, la laïcité, peut assurer la liberté de conscience, affirmer le droit à la solidarité et à la démocratie, mener le combat pour l’intégration et la justice sociale, mettre fin aux actes barbares et à la soumission des individus à des règles non choisies.

La laïcité seule permet le respect mutuel, réservant à la sphère privée croyances et convictions afin que tous et toutes puissent agir dans la sphère publique à l’intérêt général sans tutelle aucune. Ne pouvant se concevoir sans la démocratie, elle accorde à tous les membres de la société le droit d’exercer cette gestion.

Elle combat l’oppression et préserve les droits fondamentaux des personnes, y compris celui de pratiquer une religion.

Elle garantit l’indépendance de ceux qui ont à mener une mission de service public.

Il nous faut imposer la laïcité de l’école et la défendre avec constance car elle est malmenée par ceux-là mêmes qui ont charge de la défendre. L’actualité nous montre que rien n’est jamais acquis définitivement (légalisation de l’avortement, protection sociale,…)

La laïcité prend toute sa part dans le combat social.

On ne peut pas mettre au même niveau un enseignement dispensé par des personnes dont on requiert avant leur formation leur adhésion aux valeurs religieuses (propres) de l’établissement et un enseignement fondé uniquement sur des valeurs universelles.

C’est pourquoi nous réclamons la nationalisation de l’enseignement privé et l’intégration dans l’éducation nationale des personnels et des locaux privés sans indemnité ni rachat.

Une seule école, l’école publique.

www.sud-education-hautenormandie.org 


Enseignement de l’immigration: l’Ecole peut mieux faire, selon un rapport

29 octobre 2007
Dépêche AFP du 27-10-07

LA-LONDE-LES-MAURES (AFP) - En France, l’Ecole peine à concevoir et à enseigner l’histoire de l’immigration en tant qu’”histoire commune concernant l’ensemble de la nation“, selon un rapport du professeur d’histoire et chercheur à l’INRP Benoît Falaize.

Ces travaux, commandés par la Cité nationale de l’histoire de l’immigration à Paris, et réalisés pour l’Institut national de recherche pédagogique, ont été présentés à un auditoire - conquis - d’instituteurs qui participent à l’Université d’automne du SNUipp-FSU (principal syndicat du primaire) à La-Londe-Les-Maures (Var) jusqu’à dimanche.

Pas moins de 247 manuels ont été passés au crible et une cinquantaine d’enseignants dans toute la France interrogés.

Premier constat, selon le chercheur: il faut “attendre ces cinq dernières années” pour que l’histoire de l’immigration occupe “une place de moins en moins anecdotique” dans le cursus scolaire. Dans les années 80 et 90, “à aucun moment, dans aucun document officiel, l’immigration n’est envisagée comme un thème d’étude en lui-même”.

Depuis 2000, “une évolution est perceptible“, mais le sujet “reste à la marge“, selon lui. L’histoire de l’immigration “occupe une faible place dans les programmes scolaires” et “dans les manuels“, même si cette place se fait plus importante au lycée, estime-t-il.

En outre, dans les livres, la question est abordée “très souvent sous l’angle de l’intégration et de l’exclusion et moins sous celui de l’histoire stricto sensu“, constate M. Falaize.

Il cite le cas d’un manuel qui traite le sujet avec… une photo de l’équipe de France de la Coupe du Monde de football de 1998.

De même, en classe, “l’histoire de l’immigration est peu enseignée du point de vue historique“. Ce sont les matières comme la géographie, l’éducation civique ou les langues et les lettres qui prennent en charge cet enseignement, mais là encore, “moins dans ses dimensions historiques que contemporaines“.

Le chercheur l’explique notamment par le fait que “l’actualité (politique, proche orientale, économique et sociale)” vient “exercer une pression accablante” au sein d’un monde éducatif “particulièrement réceptif aux notions de respect, de tolérance et d’ouverture au monde“.

Mais en résulte un “enseignement diffus et peu structuré“, selon lui. “C’est comme si le présent obérait toute réflexion pédagogique“, explique-t-il à son auditoire.

M. Falaize relève aussi que l’approche


Premiers résultats

28 octobre 2007

Consultation interne du SNUipp

En attendant les résultats de 4 derniers départements, il apparaît que notre motion commune avec Emancipation, bien qu’arrivant en 3° position derrière UA et EE, obtient un résultat très décevant (à peine 3%). La participation est en baisse.


Contre-riposte

28 octobre 2007

Un groupuscule de “républicains laïques” sévit actuellement sur internet en brisant tout le travail fait en 2004 sur l’intrumentalisation du concept d’”islamophobie”. Il s’agit de Riposte laïque, dernier avatar sur internet d’une équipe de rédaction issue de Respublica, proche de l’UFAL [cf. P.-S.]. Nous avions déjà mis en garde contre des dérives au sein de cette ligne rédactionnelle et avions rompu avec eux lors des émeutes de 2005 (cf. par exemple Fracture ethnique?). Dans le camp laïque, nos camarades de la revue Ni patrie ni frontières avaient fait de même (cf. « Caïds » du 9-3, « islamistes » de 8 ans et mosquées “clandestines” !). Ces gens ont pris comme nouvelle croisade d’attaquer Caroline Fourest, de la revue Prochoix, qui ne souhaitait pas un engagement “sans réserve” dans l’affaire des Vosges. Ils le font en confondant volontairement islam et islam politique, en niant l’orientation politique donnée à ce dossier par l’avocat villiériste, en désertant le 3° camp pour rallier la théorie de Huntington du choc des civilisations. Le dernier éditorial Riposte laïque est éloquent:

Abandonnée de tous, Fanny s’est contentée de prendre un avocat de droite, qui s’est contenté de faire son métier, sans le politiser. Certains, qui n’ont que compréhension pour les choix politiques d’Ayaan Hirsi Ali, ont rejeté et insulté Fanny, jugée coupable d’avoir été défendue par Alexandre Varaut.

(…) Quand elles disent qu’il y a un choc de civilisations, non entre l’islam et l’occident, mais entre l’obscurantisme et la démocratie, tout le monde les applaudit, à juste titre.

Mais si un « Français de souche » ose tenir les mêmes propos, ce qui est arrivé à Robert Redeker, il est immédiatement suspecté d’être d’extrême droite, voire un adepte de la théorie de Samuel Huntington sur le choc des civilisations. On le salit, on lui fait la leçon, lui intimant l’ordre de faire la différence entre islam et islamisme, ce qu’Ayaan Hirsi Ali et d’autres ne font plus depuis longtemps,(…)

Quand notre ami Pascal-Mohamed Hilout dit des choses semblables, avec ses mots à lui, il est suspecté d’être le « bougnoule de service », comme lui a dit un jour la porte-parole des « Indigènes de la République ».

Quand une femme comme Fanny Truchelut voit les représentantes de cet islam venir exhiber leur tenue prosélythe dans un gîte, et qu’elle a trente secondes pour prendre une décision, elle est traînée dans le boue par toutes ces bonnes âmes qui la qualifient de raciste et d’intégriste catholique. (…)

Cela n’empêche pas des professeurs de laïcité, convaincus d’être de grands théoriciens, depuis leurs bureaux parisiens, de décréter que Fanny a enfreint gravement les principes laïques entre la sphère publique et la sphère privée.

Dans ce même numéro on trouvera aussi cette phrase: Entre deux français, il semble donc que la gauche a une préférence marquée pour le français d’origine immigrée“[*].

Ensemble condamne vigoureusement cette logique comme il avait déjà condamné en 2005 les tenants de la “fracture ethnique” ou de l’interprétation des émeutes comme “l’alliance des ayatollahs et des dealers“, récupérations de la rhétorique des “identitaires”, et regrette que cette dérive ne fasse que donner prise a posteriori aux arguments des défenseurs de l’unité d’action avec les islamistes. Notre combat laïque est et restera clairement, dans la défense des principes et des salarié(e)s en lutte: Ni réaction théocratique, ni impérialisme! Nous ne confondrons jamais le combat pour l’émancipation des femmes avec aucune forme, fut-elle rampante, de xénophobie.

[*] Dans le genre de prose de Riposte laïque on trouve aussi le mois dernier sur l’immigration: “On pourrait faire à l’égard des prestations sociales une remarque convergente, le premier budget des départements étant celui de l’action sociale, dont les journées d’hôtel que coûte l’accueil de famille sans logement avec enfants, y compris sans papiers dont les enfants sont scolarisés qui ne cesse de croître, s’inscrivent dans des dépensent publiques qui ont leurs limites et dont l’explosion met en grave danger le système de solidarité lui-même, dès aujourd’hui. Rappelons que ce système bénéficie à bien des familles d’origine immigrée ou étrangères souvent en difficulté en raison du caractère économique de leur immigration, dans des proportions ainsi bien supérieures à ce qu’elles représentent vis-à-vis de la population dans son ensemble. Faut-il vraiment encore en rajouter en ouvrant en grand les portes de la France à une immigration sans contrôle ?”

[*] P.-S. : Voir dans les commentaires des précisions envoyées par l’UFAL et Respublica.