Rapport Pochard : La direction du SNUipp étale sa nullité revendicative…
… devant la Commission sur l’évolution du métier d’enseignant
Dans la lettre de mission qu’il a adressée au président de la commission, le Ministre Darcos écrit que les enseignants “ont souvent le sentiment de ne pas pouvoir maîtriser leur évolution de carrière et de revenu“. Darcos, à la demande du Président de la République et du Premier Ministre veut “mener le chantier de la redéfinition de la condition enseignante“. Pour cela atteindre cet objectif, Darcos demande à la commission d’entreprendre “une large concertation” avec “notamment, des représentants du monde enseignant“.
Un syndicaliste averti se doute bien qu’une telle commission, comme l’avait été avant elle la commission Thélot, n’a d’autre objet que de préparer l’opinion à des mesures législatives dont les lignes essentielles sont déjà tracées dans le secret des cabinets ministériels. Quand on voit les décisions en matière de suppression de postes, de réduction de la durée de la scolarité pour les élèves, de poursuite des sanctions contre les directeurs en lutte, on n’a pas de mal à deviner dans quel sens iront ces mesures.
Quel sens peut prendre alors la participation d’une délégation syndicale à une telle commission ? Elle ne devrait y aller que pour dénoncer les mesures déjà prises par ce gouvernement, et affirmer avec force ses propres revendications. C’est ce qu’on attendait de la délégation du SNUipp, entendue à sa demande par la commission le 15 octobre dernier. Malheureusement, comme on pouvait le craindre, la délégation composée des trois secrétaires généraux du SNUipp (G. Moindrot UA, M. Baby UA et R. Bousquet EE) n’a fait qu’exprimer publiquement sa nullité revendicative.
Transformation de l’école : pour G. Moindrot, on ne peut concevoir une revalorisation du métier d’enseignant sans donner “un nouvel élan” à l’école : plus de maîtres que de classes, 24+3, polyvalence d’équipe… C’est à l’exposé de ces revendications rituelles que G. Moindrot va consacrer l’essentiel de son intervention. La délégation trace laborieusement le tableau confus de l’école transformée où les échanges de services seraient généralisés, où l’on n’enseignerait plus certaines matières, où l’on alternerait petits groupes puis grands groupes, et où l’on passerait beaucoup temps en réunions et en discussions. Pas un mot sur le fait que le gouvernement supprime des milliers de postes, que cela se traduit par des hausses d’effectifs dans les classes. G. Moindrot veut bien reconnaître que “là où il y a 25 ou 30 élèves, au cours préparatoire, surtout là où les élèves ont des difficultés il faut pouvoir baisser” mais c’est pour affirmer immédiatement que ce n’est pas l’essentiel, que le plus important c’est la mise en place d’un “dispositif plus collectif, plus discuté, plus divers“. “Plus de souplesse” comprennent les membres de la Commission. “C’est pas moi qui le dit” répond G. Moindrot, avec un rire gêné. Lorsque le Président de la Commission demande si la suppression du samedi matin correspond à la revendication du 24+3, la réponse de G. Moindrot est très embarrassée. En effet, alors que tous ses mandats s’y opposent, le SNUipp a accepté le protocole proposé par Fillon pour discuter de la mise en œuvre du “moins d’école” voulu par Fillon et Sarkozy.
Le SNUipp répond aux questions de la commission Pochard (1)
vidéo sur dailymotion
Moyens : La délégation du SNUipp n’aborde pas la question des moyens nécessaires à la réalisation de ses revendications en matière de transformation de l’école. Pendant que la direction du SNUipp rêve de temps pour la concertation et de plus de maîtres que de classes, le gouvernement supprime les postes par dizaine de milliers : c’est ça la réalité des écoles.
Evaluations : G. Moindrot intervient très longuement et à plusieurs reprises sur la question des évaluations de CE1 et CM2. Ce n’est pas inintéressant, mais est-ce vraiment le sujet ? N’y a-t-il pas d’autres revendications à défendre devant une commission chargée de l’évolution du métier d’enseignant ?
Salaires : Pour G. Moindrot la revalorisation du métier passe “un petit peu” par la question de la rémunération. En fait, vraiment très peu : il annonce timidement qu’on a perdu 20% de pouvoir d’achat depuis le début des années 80, mais revendique seulement une amélioration en début de carrière au moyen d’une prime d’installation, et un passage plus facile à la hors classe en fin de carrière. G. Moindrot ne réclame pas de rattrapage général du pouvoir d’achat par une augmentation des salaires, et il se contente de proposer une prime pour l’achat d’un ordinateur portable tous les 4 ou 5 ans… soit environ 10 euros par mois !
Le SNUipp répond aux questions de la commission Pochard (2)
2° partie de la vidéo sur dailymotion
Direction d’école : G. Moindrot constate que la profession est “hermétique” à une évolution vers un fonctionnement hiérarchique dans l’école. Il ne dit rien sur des questions de responsabilité, de charge de travail, rien sur les sanctions, ni sur les décharges, ni sur la rémunération des directeurs : il se contente d’exprimer un besoin de formation, de visites plus fréquentes de l’inspecteur ou du conseiller pédagogique, d’un bureau pour les moins bien lotis…
Temps de travail : alors que R. Bousquet affirme que le temps de travail hebdomadaire des enseignants du primaire atteint voire dépasse 40 heures par semaines, alors que G. Moindrot souligne que notre niveau de qualification est le même que celui d’un enseignant du secondaire, ni l’un ni l’autre ne revendique l’abaissement de notre temps de service pour le rapprocher de celui des enseignants des collèges et lycées. Cette revendication est pourtant un mandat du SNUipp.
EPEP : la perspective de regroupement d’écoles dans un établissement public est très vaguement évoqué par le président de la commission. G. Moindrot se déclare “pas très chaud” pour de grosses structures qui font “usine à gaz“. Pas un mot sur les projets du gouvernement d’expérimenter les EPEP, projets qui bouleverseraient notre métier s’ils étaient mis en œuvre.
Retraites : pas un mot de la part du SNUipp sur nos revendications, ni sur les difficultés d’enseigner liées au recul de l’âge de départ à la retraite. In extremis, alors que la délégation du SNUipp est sur le point de partir, le président de la Commission évoque “le poids” et la difficulté d’exercer le métier d’enseignant en fin de carrière. G. Moindrot écarte alors avec un mépris à peine dissimulé les attentes des milliers de collègues “enseignants fatigués” qui “veulent faire autre chose“, et évoque l’idée de seconde carrière plutôt pour les collègues prêts à faire “un effort d’adaptation“, toujours avec le flou et l’approximation qui ont caractérisé son intervention depuis le début.Ce n’est pas la défense de nos intérêts qui aura fatigué les secrétaires généraux du SNUipp ce jour-là. On comprend mieux l’indignation de tous les militants et adhérents du SNUipp qui ont vu cette vidéo lamentable diffusée sur le site du ministère [*].
Ensemble
[*] La vidéo intégrale de l’intervention (1h26) peut être vue et téléchargée sur le site du ministère http://www.education.gouv.fr/cid5702/les-videos-des-auditions.html.Voir aussi:
- Evolution du métier d’enseignant: Marcel Pochard clôt le forum sur le métier d’enseignant voir la vidéo
- Le SNUipp accompagne l’utilisation des heures libérées par le samedi matin





"l faut éviter le fléchage des crédits et augmenter la déconcentration de la gestion, notamment en matière de personnel" (commission des finances à l'Assemblée, 14 mars 2006)
):
Mouvement de mai-juin 2003 sur les retraites
Congrès de Seignosse du SNUipp, juin 2004
...à Caen...
... et à Nice.




27 novembre 2007 à 15:50
REVUE DE PRESSE
Pour le ministre, « les enseignants devront apprendre à travailler différemment. L’école doit devenir un athlète et non plus un sumo ». Une version revue et corrigée du mammouth.
Le Figaro 29/10/2007 (extrait)
(…
Il parie sur la bonne volonté des enseignants alors qu’une grève est annoncée pour le 20 novembre prochain : « Les enseignants ont changé », assure-t-il, rappelant que 40 % d’entre eux ont voté pour Nicolas Sarkozy. Il assure notamment qu’ils seront nombreux à accepter d’effectuer des heures supplémentaires dans les collèges sensibles pour encadrer les travaux dirigés le soir. Une initiative qui débute dans quelques jours. « Il va falloir que les enseignants ne travaillent plus selon une obligation de service fixée en début de leur carrière », assure le ministre, évoquant la commission Pochard, chargée de réfléchir au sujet.
Dépêche AFP 27-11-07: Le CSEN “claque la porte” des auditions de la commission sur le métier d’enseignant
Le Snalc-Csen et le SNE-Csen (enseignants) ont annoncé avoir “claqué la porte” des auditions de la commission Pochard sur l’évolution du métier d’enseignant, dénonçant notamment “l’opacité” dans laquelle se déroulent les débats”.
Le Snalc-Csen (lycées et collèges) et le SNE-Csen (écoles primaires), classés traditionnellement à droite, “claquent la porte”, ont-ils annoncé dans un communiqué.
Cette commission, installée en septembre par le gouvernement et présidée par Marcel Pochard, président du conseil d’administration de la Cité internationale universitaire de Paris, doit procéder cette année à de nombreuses auditions d’acteurs du monde de l’Education. Elle a pour mission de “dresser un diagnostic de l’état de la condition enseignante” et de “tracer les contours d’une évolution de la fonction du métier d’enseignant dans les décennies à venir“.
Les deux syndicats disent avoir “quitté la table ronde” qui se tenait lundi “après avoir été pratiquement privés de tout temps de parole par son animateur“.
Ils “dénoncent la totale opacité dans laquelle se déroulent les débats, où les syndicats représentatifs ne sont secrètement admis que selon l’arbitraire et le +bon vouloir+ des principaux responsables de la commission“.
(…
Les deux organisations préviennent qu’elles “s’abstiendront dorénavant de participer aux +travaux+ de la Commission” et “considèrent comme nulles et non avenues toutes les conclusions auxquelles” elle “pourrait parvenir“.
11 décembre 2007 à 16:51
Commission métier d’enseignant : le “livre vert” repoussé à fin janvier
AFP 11-12-07
La publication de la synthèse des travaux de la commission sur l’évolution du métier d’enseignant, dite “livre vert”, qui devait être présentée à la fin de l’année, est repoussée à fin janvier, a-ton appris de sources concordantes lundi.
Cette commission, installée en septembre par le gouvernement et présidée par Marcel Pochard, ancien directeur de la Fonction publique, avait pour mission de présenter ses suggestions d’ici à la fin de l’année dans le cadre d’un “livre vert”, lequel doit établir un “état des lieux du métier d’enseignant”.
“Nous avons appris que la commission ne remettra pas son rapport avant la dernière semaine de janvier”, a déclaré à l’AFP le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri. Son syndicat, ainsi que tous les syndicats d’enseignants étaient reçus ce lundi par M. Pochard et plusieurs membres de la commission.
Interrogée, la Commission a confirmé ce retard.
Après la publication de ce “livre vert”, le gouvernement doit, au “printemps”, élaborer ses propositions, qui seront soumises aux syndicats pour une application à la rentrée 2008.
Cette commission, composée de 12 membres, dont l’ancien chef de gouvernement socialiste Michel Rocard aux côtés d’universitaires et de responsables d’entreprises, a procédé depuis septembre à 51 auditions, effectué des visites en Belgique, Finlande, Canada entre autres et doit désormais s’atteler au travail de rédaction, selon la FSU.
12 décembre 2007 à 12:06
Communiqué SUD
La commission sur la refondation du métier d’enseignant se réunissait hier, lundi 10 décembre 2007, pour dresser un « bilan d’étape », avant la rédaction d’un livre vert courant janvier.
Nous rappelons que la Fédération Sud Education a refusé de participer aux auditions syndicales. Nous dénonçons cette mascarade et pensons que cette pseudo consultation est en contradiction avec les attaques ahurissantes dont l’Éducation nationale et ses personnels sont l’objet depuis l’été. Nous considérons que les grandes lignes que retiendra le gouvernement sont déjà contenues dans le rapport Darcos (mars 2007) et dans la lettre de rentrée aux éducateurs de N. Sarkozy.
De plus la présence au sein de la commission (8 personnes) d’un représentant du ministère (secrétaire général du ministère de l’Education) et d’un représentant d’entreprise (directeur des ressources humaines du groupe La Poste, modèle de privatisation progressive du service public), et l’absence de représentants des personnels nous renseignent quant aux objectifs et au caractère « non partisan » de la dite commission. Enfin nous n’avons pas oublié le simulacre de débat sur l’Ecole, en 2003, auquel avaient accepté de participer les principaux syndicats de l’Éducation. Ce « grand débat » avait finalement abouti à la « loi Fillon », rejetée par l’ensemble des personnels et de leurs organisations syndicales ; elle avait provoqué le mouvement lycéen de 2005.
Refusant toujours de cautionner cette opération de communication, nous avons assisté hier à cette réunion sans participer aux débats, pour rendre compte aux personnels des différentes pistes envisagées, en particulier :
sur les « missions et conditions d’exercice du métier » : hypothèse d’une annualisation (1607 heures), intégration de nouvelles obligations de service, gain sur le temps d’enseignement ;
sur « la réussite des enfants » : une simple évocation ; le livre vert nous en dira peut-être plus… ;
sur « le recrutement et la formation », M. Pochard propose l’ouverture des carrières pour rejoindre l’Education nationale ;
sur les déroulements de carrières, si la question des rémunérations est posée, c’est en lien avec « l’évaluation / notation des établissements et des enseignants » dans le cadre de l’autonomie des établissements.
Ces informations confirment notre précédente analyse. Nous sommes très inquiets des nouveaux contours du métier que définissent ces axes de réflexions en matière :
de renforcement du pouvoir des chefs d’établissement,
de régression statutaire et d’alourdissement de la charge de travail,
de rémunération au mérite.
Nous ne voyons pas en quoi ces propositions amélioreraient le service public d’éducation. En revanche nous voyons très bien s’y dessiner une nouvelle conception de l’École, s’avançant vers une privatisation rampante (comme à La Poste, précisément), favorisant les individualismes carriéristes au détriment des solidarités syndicales et de la qualité du service (conséquence de la suppression progressive du temps de préparation des cours, et de l’augmentation de la charge de travail administrative). Ces choix sont pour nous inacceptables : ils aggravent les conditions de travail, mettent en place un mode de gestion managérial (autonomie et pleins pouvoirs au chef d’établissement) et aboutiront inévitablement à un accès inégalitaire à l’École.
SUD Education continue donc de dénoncer ce simulacre de concertation, en contradiction avec l’ensemble des mesures déjà prises à la hussarde depuis l’installation de ce gouvernement : 11200 postes supprimés au budget 2008 ; recours massif aux heures supplémentaires ; suppression engagée de la carte scolaire ; suppression des BEP ; remise en cause des statuts et des cadres d’organisation dans le Premier degré ; démantèlement des services d’orientation ; expulsion de nos élèves sans papier.
Enfin comment le ministère de l’Éducation nationale ose-t-il parler de « concertation », au moment même où la LRU continue de passer en force, au mépris du mouvement étudiant et lycéen qui perdure malgré la contre-information et la répression exercées par le gouvernement ?
Saint-Denis, le 11 décembre 2007.
31 janvier 2008 à 16:50
[...] La direction du SNUipp étale sa nullité revendicative devant la commission Pochard [...]
31 janvier 2008 à 22:04
[...] d’un ordinateur. Terrible ! La commission Pochard reprendrait ici presque mot pour mot les propos de Moindrot devant la commision Pochard : la perte du pouvoir d’achat ne serait pas réelle, seuls les débuts de carrière auraient [...]
4 février 2008 à 21:20
[...] les EPEP, projets qui bouleverseraient notre métier s’ils étaient mis en œuvre. (Le SNUipp devant la commission Pochard, 15 octobre 2008) Le SNUipp a-t-il compris que ses revendications pour la transformation de l’école [...]
5 février 2008 à 6:50
[...] 15 octobre 2007 : la Commission Pochard reçoit les représentants syndicaux : Le SNUipp étale sa nullité revendicative [...]
6 février 2008 à 21:36
[...] Pour G. Moindrot la revalorisation du métier passe “un petit peu” par la question de la rémunération. En fait, vraiment très peu : il annonce timidement qu’on a perdu 20% de pouvoir d’achat depuis le début des années 80, mais revendique seulement une amélioration en début de carrière au moyen d’une prime d’installation, et un passage plus facile à la hors classe en fin de carrière. G. Moindrot ne réclame pas de rattrapage général du pouvoir d’achat par une augmentation des salaires, et il se contente de proposer une prime pour l’achat d’un ordinateur portable tous les 4 ou 5 ans… soit environ 10 euros par mois ! (Le SNUipp devant la commission Pochard, le 15 octobre 2007) [...]