Pré-rapport Pochard : ce qui nous attend
Le Monde a pris connaissance d’une première mouture du rapport de la “commission pour l’évolution du métier d’enseignant” (la commission Pochard). Pour notre part, nous n’avons pas eu la chance de consulter ce pré-rapport. En attendant la publication officielle, prévue le lundi 4 février, nous devons donc construire notre opinion à partir de l’article du Monde.
Selon Le Monde, “les changements possibles qui portent surtout sur l’enseignement secondaire”. L’école primaire serait donc épargnée. Cela est surprenant car c’est bien sur elle que se sont concentrées les dernières attaques (enseignement de la lecture, socle commun, suppression du samedi matin, service minimum… ). D’ailleurs le Monde souligne lui-même que le rapport Pochard propose des “établissements plus autonomes” :
La commission souhaite une “responsabilité” accrue de chaque établissement en matière pédagogique. La “complexité”, écrit-elle, ne peut pas être gérée au niveau national, en appliquant “indistinctement” les mêmes normes, par exemple pour dédoubler une classe. Mais “les programmes et les diplômes doivent rester nationaux”. Les établissements devraient avoir la maîtrise d’au moins 10 % de leur dotation en heures d’enseignement.
Rôle accru des chefs d’établissement. Ceux-ci auraient une “marge d’appréciation” dans la fixation des “modalités locales de travail”. L’instauration d’un “lien contractuel” entre l’établissement et l’enseignant est envisagée, mais en complément de l’application des règles de la fonction publique et non pour s’y substituer.
Evaluation des établissements. “Plus libres”, les établissements seront aussi “plus comptables de leurs résultats”. Mais “c’est la performance de l’établissement qu’il faut évaluer”, plutôt que celle de chaque enseignant. “Le temps n’est pas encore venu” d’une rémunération à la performance, qui serait “source d’interrogations sans fin”.
Clarifier les missions. La commission rappelle qu’un cahier des charges de la formation des maîtres a fixé, en 2006, un ensemble de compétences que chaque enseignant doit maîtriser en sus du savoir académique. Elle propose de distinguer trois parties : un “coeur du métier” commun à tous les enseignants (transmission des savoirs, préparation des cours, correction des copies, gestion de la classe) ; une liste d’activités “indissociables de l’acte d’enseignement” (de l’accompagnement des élèves à l’aide à l’orientation) ; enfin, des “activités modulables”, selon les enseignants et les établissements. Cette dernière partie serait volontaire et rémunérée de manière spécifique. La commission se prononce aussi pour un développement de la bivalence (capacité d’enseigner deux disciplines) au collège en classes de 6e et 5e.
Temps de travail annualisé. Les 18 heures de cours par semaine des professeurs certifiés, sur 36 semaines scolaires obligatoires pourraient, selon un des scénarios retenus, définir une obligation annuelle de 648 heures de cours. L’intérêt d’une prise en compte annuelle est de permettre des modulations : par exemple, demander à un professeur une action plus intense pendant une période, quitte à le décharger ensuite. Prenant note des “fortes réticences” exprimées par les syndicats, la commission les juge “sans réels arguments”, mais propose néanmoins une “expérimentation”. Elle envisage aussi de modifier les obligations des professeurs pour y inclure d’autres activités que les cours, mais juge cette option coûteuse et suggère une solution au niveau de l’établissement.
Nouveaux modes de recrutement. La commission suggère de recréer des dispositifs de prérecrutement (consistant à payer des étudiants se destinant à l’enseignement). Elle souhaite que les concours d’enseignement soient réformés et leurs épreuves “simplifiées”. Elle se prononce pour la création de “masters d’enseignement” dont le rapport n’explique pas clairement s’ils viendraient précéder les concours où s’ils les remplaceraient. L’agrégation n’est pas abordée.
Gérer autrement les carrières. Le rapport explore différentes pistes possibles de revalorisation salariale : du relèvement de l’indice de début de carrière à l’éventuel octroi de primes, mais toujours avec une contrepartie sous forme de temps de présence supplémentaire.
Pour les jeunes enseignants, la commission ne dit pas comment éviter qu’ils soient nommés dans les zones les plus difficiles, mais préconise l’attribution d’une “dotation à l’installation”, comprenant notamment la fourniture d’un ordinateur.

"l faut éviter le fléchage des crédits et augmenter la déconcentration de la gestion, notamment en matière de personnel" (commission des finances à l'Assemblée, 14 mars 2006)
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Mouvement de mai-juin 2003 sur les retraites
Congrès de Seignosse du SNUipp, juin 2004
...à Caen...
... et à Nice.




31 janvier 2008 à 22:05
[...] analyse: Ce qui nous attend (Ensemble, [...]
1 février 2008 à 16:56
Enseignants : état des lieux avant travaux
LE MONDE | 01.02.08
La commission pour l’évolution du métier d’enseignant, présidée par le conseiller d’Etat Marcel Pochard, n’a pas encore officiellement rendu son Livre vert que, déjà, les remous s’annoncent. Son membre le plus connu, l’ancien premier ministre socialiste Michel Rocard, a présenté sa démission, jeudi 31 janvier, pour, geste inhabituel, protester contre l’interprétation faite par Le Figaro de ses propos sur l’évaluation des enseignants. Dans un prérapport révélé par la presse, la commission parle prudemment de mesurer la “performance” des établissements scolaires, mais se garde d’user d’expressions boutefeux comme “salaire au mérite”. “L’éducation nationale, a commenté M. Rocard, il ne faut pas trop la bousculer”, car “900 000 enseignants, c’est fragile, ça ne se traite pas à la tronçonneuse, c’est plutôt de l’arboriculture…” C’est pour cette raison que le texte définitif, qui devrait en principe être remis lundi 4 février, est si délicat à arrêter.
DIALOGUE ARDU
Après le Livre vert, qui dresse un état des lieux tout en formulant ses propositions, le ministre de l’éducation, Xavier Darcos, prendra le relais. Dans un Livre blanc, il devra indiquer, d’ici au printemps, les mesures retenues et qui, a-t-il promis, seront discutées avec les représentants des enseignants. Ce dialogue s’annonce ardu : le SNES-FSU, principal syndicat des collèges et lycées, a estimé, jeudi 31, que le prérapport Pochard était “une vraie provocation”. “Tous les éléments sont réunis pour un conflit majeur avec notre profession”, a-t-il averti. Le caractère pluraliste de la commission, associant des sensibilités diverses, sur le plan politique comme sur le plan éducatif, ne suffit pas pour que ses recommandations soient bien reçues.
Faire “évoluer” le métier d’enseignant, même dans un esprit de “revalorisation”, c’est remettre en cause un ensemble de dispositions statutaires plus volontiers perçues par la profession comme des protections que comme des entraves.
Or, l’idée directrice de M. Darcos est que le travail enseignant ne saurait rester “réglementé selon des principes qui datent de 1950″, année de parution des décrets fixant, aujourd’hui encore, les obligations des professeurs du second degré. L’unanimité règne, côté syndical inclus, pour admettre que le maintien du statu quo n’est pas concevable. Mais la cacophonie s’installe quand il s’agit de dire par quoi remplacer le système actuel. Les lignes de fracture ne recouvrent pas le clivage droite-gauche, mais
opposent ceux qui, de longue date, espèrent un “déverrouillage” permettant des modes de travail plus souples, plus axés sur les besoins des élèves, et ceux qui, a contrario, voient dans tout changement une possible “dénaturation” du métier.
PROFESSEUR “NEW LOOK”
Toutefois, aucun de ces deux camps n’est prêt à accepter que l’éducation copie son fonctionnement sur les entreprises privées. Personne ne va jusque-là, mais il est vrai que le professeur “new look” souhaité par la commission ne correspond guère à l’idéal du SNES… Plus dépendant de son chef d’établissement, il serait plus présent sur place, en dehors de ses cours, et travaillerait selon un horaire modulable au cours de l’année. Il verrait sa rémunération varier selon qu’il accepte ou non des tâches supplémentaires et serait soumis à une forte pression en matière de résultats. En échange, il serait mieux payé, donc mieux considéré, et sa liberté pédagogique réaffirmée.
Un effort particulier serait consacré à l’accompagnement des débutants, qui ne seraient plus systématiquement nommés sur les postes les plus difficiles. La réalisation d’un tel programme suppose un financement, même en période de restrictions budgétaires. Selon la marge de manoeuvre dont M. Darcos disposera, il calmera les inquiétudes. Ou nourrira le feu du refus.
Luc Cédelle et Catherine Rollot
Article paru dans l’édition du 02.02.08.
2 février 2008 à 21:12
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5 février 2008 à 6:58
[...] et l’école PrimairePublication du rapport Pochard : notre dossier24+3: Fenêtres sur cours assumePré-rapport Pochard : ce qui nous attendPré-rapport de la commission Pochard (AFP)Rapport Pochard : La direction du SNUipp étale sa [...]