Samedi matin : à propos de la consultation du SNUipp

Nos lecteurs se souviennent des manoeuvres engagées par la direction du SNUipp autour de la suppression du samedi matin (lire Suppression du samedi matin : la volte-face du SNUipp). Pour contrer les sections de plus en plus nombreuses qui exigeaient la rupture des discussions avec le ministre sur le “moins d’école”, la direction avait imaginé un questionnaire électronique, aux questions fermées, destinées à mettre les sections devant le fait accompli : la “base” serait favorable la suppression du samedi matin…

C’est en tout cas ce que G. Moindrot, secrétaire général du SNUipp, annonçait le 18 janvier dernier à la presse : “Sur 10.000 retours, nous pouvons dire que 61% sont favorables ou très favorables à la suppression du samedi matin (lire Le secrétaire général du SNUipp attaché de presse du ministère ?). Néanmoins, il fallut à la direction du SNUipp faire machine arrière à toute vapeur quelques jours plus tard : “Nous portons une appréciation négative du texte ministériel que nous ne validerons pas en l’état“ osait-elle déclarer sans honte (lire Adresse du SNUipp au ministre sur le samedi matin).

La manoeuvre a échoué. Restent les résultats de la pseudo-consultation, sur lesquels il est intéressant de se pencher. Si la direction du SNUipp avait honnêtement voulu connaître l’état d’esprit de la profession, elle aurait demandé :

  • Pensez-vous que la suppression de 72 heures de classe chaque année pour 85% des élèves soit une mesure qui puisse conduire à la réussite de tous ?
  • Quitte à réduire à supprimer le samedi matin, préférez-vous consacrer ces heures “libérées” à la concertation et au travail en équipe ou à une réelle réduction du temps de travail, conformément aux mandats du SNUipp ?

Ces questions, qui auraient amené les collègues à réfléchir sur les enjeux véritables de la suppression du samedi matin, le SNUipp n’a pas voulu les poser, car les réponses auraient pu entraver ses discussions avec le ministre. Néanmoins lorsque le SNUipp demande aux collègues quand ils seraient prêts à utiliser les 2 heures “libérées” par la suppression du samedi matin, ils sont 58% à refuser que ce soit le soir après la classe, 68% à refuser que ce soit le midi, 77% à refuser que ce soit le mercredi matin…

Autrement dit, une majorité des collègues ne voit pas d’un mauvais oeil la suppression du samedi matin, à condition que ces deux heures ne soient pas redéployées dans la semaine. Autrement dit encore, les collègues comprennent la suppression du samedi matin comme une réduction du temps de travail qui n’ose pas dire son nom…

Alertons-les : ce n’est pas dans les projets du ministre ! Ni, malheureusement, du SNUipp.

Une réponse vers «Samedi matin : à propos de la consultation du SNUipp»

  1. Le syndicalisme enseignant et la suppression du samedi matin « Syndicalisme de lutte à dit:

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