Heures supplémentaires pendant les vacances : nouvelle attaque du ministère
Les enseignants, et en particulier les enseignants du primaire, n’en finissent pas de subir les conséquences de la nullité de leurs organisations syndicales. Sur la question des rémunérations et du temps de travail, le ministre vient de lancer une nouvelle provocation, dans la droite ligne des attaques précédentes : des heures supplémentaires pendant les vacances, voilà la dernière trouvaille de Darcos pour améliorer le pouvoir d’achat des enseignants du primaire.
Le rapport Pochard était censé traiter de la revalorisation de la condition enseignante. Devant cette commission, la direction du SNUipp a à peine effleuré la question des rémunérations :
Pour G. Moindrot la revalorisation du métier passe “un petit peu” par la question de la rémunération. En fait, vraiment très peu : il annonce timidement qu’on a perdu 20% de pouvoir d’achat depuis le début des années 80, mais revendique seulement une amélioration en début de carrière au moyen d’une prime d’installation, et un passage plus facile à la hors classe en fin de carrière. G. Moindrot ne réclame pas de rattrapage général du pouvoir d’achat par une augmentation des salaires, et il se contente de proposer une prime pour l’achat d’un ordinateur portable tous les 4 ou 5 ans… soit environ 10 euros par mois ! (Le SNUipp devant la commission Pochard, le 15 octobre 2007)
Face à une telle nullité revendicative, il aurait été extraordinaire que la commission Pochard propose mieux. Elle consteste la perte de pouvoir d’achat (Pochard soulignant que le patron de la FSU, G Aschieri lui-même n’y croyait pas trop) et reprend presque mot pour les propositions du SNUipp :
La revalorisation des conditions d’entrée dans le métier des jeunes enseignants pourrait prendre la forme d’une accélération de la progression dans les premières étapes de la grille indiciaire et / ou d’une dotation substantielle leur permettant d’acquérir les moyens nécessaires au bon exercice de leur métier, en particulier du matériel informatique et de la documentation pédagogique. (Rapport Pochard, p 195)
Pour les fins de carrière, le rapport Pochard reprend pareillement les propositions du SNUipp :
[Il faut faire] évoluer assez radicalement la pratique généralisée consistant à utiliser les promotions à la hors classe dans une logique de fin de carrière et de valorisation des pensions, et de faire de ces promotions l’instrument d’une politique de gestion des ressources humaines tout au long de la carrière. (Rapport Pochard, p 199)
Et après cela le SNUipp ose prétendre que les enseignants du premier degré ont été oubliés par le rapport Pochard (Un rapport indigent sur le premier degré). C’est plutôt le SNUipp qui a oublié de revendiquer devant la commission Pochard une augmentation générale de tous les enseignants du primaire !
La commission Pochard, elle, n’a pas oublié de traiter du pouvoir d’achat des enseignants qui ne sont ni débutants, ni en fin de carrière :
Développer des possibilités d’heures supplémentaires d’enseignement et d’accompagnement éducatif est une piste déjà ouverte pour les enseignants du second degré ainsi que dans le premier degré pour l’accompagnement éducatif à la rentrée 2008. La commission s’est interrogée sur d’autres possibilités : l’octroi d’une prime pour un certain nombre d’obligations et de tâches bien délimitées et/ou la rémunération en heures supplémentaires d’activités autres que d’enseignement (Rapport Pochard, p 199)
Et ce ne sont pas des paroles en l’air. Si tôt le rapport Pochard publié, le ministre Darcos, ministre du moins d’enseignants et du moins d’école est passé aux actes. Dans une note du 1er février, il instaure des stages de remise à niveau pour les élèves de CM1 et CM2, dans le plus pur style Acadomia, pendant les vacances scolaires, et cela dès les prochaines vacances de printemps :
Les stages seront conduits par des enseignants du premier degré volontaires. Ils seront rémunérés en heures supplémentaires d’enseignement (Note du ministre du 1er février 2008).
Le ministre nous propose donc l’alternative suivante : accepter la perte de notre pouvoir d’achat, ou la perte de nos vacances. C’est bien la même logique générale qui fonde toute la politique du gouvernement, faire reculer sans cesse et partout les droits des salariés.
Cette politique globale appelle une riposte coordonnée de tous les secteurs salariés. Il nous manque seulement pour cela des organisations syndicales courageuses et déterminées.


"l faut éviter le fléchage des crédits et augmenter la déconcentration de la gestion, notamment en matière de personnel" (commission des finances à l'Assemblée, 14 mars 2006)
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Mouvement de mai-juin 2003 sur les retraites
Congrès de Seignosse du SNUipp, juin 2004
...à Caen...
... et à Nice.



