Des enseignants retraités recrutés pour des remplacements
Revue de presse
Le Monde, 8-04-2008
L’inspection académique d’Ille-et-Vilaine va faire appel à des enseignants retraités pour assurer des remplacements en école primaire. Les autorités académiques justifient ce recours aux anciens par “une augmentation de 30 % des congés maladie et de 40 % des congés maternité, par rapport à l’année dernière”.
Les enseignants devront être en retraite depuis moins de quatre ans. Ils seront rémunérés 34,30 euros brut par heure et recrutés comme vacataires. Leur temps de travail annuel ne pourra pas excéder 200 heures. Sur les 420 courriers adressés aux enseignants retraités, l’académie espère recevoir entre 20 et 30 réponses positives.
UN PRÉCÉDENT À CRÉTEIL
“Il ne s’agit pas de créer un système qui remplacera le dispositif de remplacement classique”, indique l’inspecteur d’académie, Jean-Charles Huchet, qui souligne que “les solutions classiques n’étaient pas suffisantes pour résoudre ce problème conjoncturel”. L’inspection académique pouvait puiser dans le vivier des enseignants dits “titulaires remplaçants”. Mais, sur les 205 personnes mobilisables, seules 105 étaient disponibles, les autres étant en congés maternité ou de longue durée.
L’autre solution était de recruter sur les “listes complémentaires” constituées de candidats ayant manqué le concours de professeur des écoles de justesse. Dix-huit personnes auraient été mobilisées par ce biais.
Pour Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp, majoritaire dans le primaire, cette décision est une illustration “des problèmes posés par la diminution des postes ouverts au concours et d’une mauvaise gestion des emplois”. Dans le cadre d’une gestion prévisionnelle de ces emplois, le département s’est toutefois engagé à augmenter l’année prochaine le “stock” de titulaires remplaçants.
Le recours aux retraités de l’éducation nationale pour les remplacements avait déjà provoqué de vives protestations des syndicats. En février, l’académie de Créteil avait démarché par courrier 250 enseignants de philosophie, lettres classiques, anglais et allemand, en retraite depuis un an. Le rectorat leur proposait de reprendre du service pendant quelques heures par semaine. Sur les 250 personnes contactées, une dizaine seulement auraient répondu favorablement à cette offre de travail. Trois d’entre elles auraient été recrutées.
Le Snes-FSU, principal syndicat enseignant en collèges et lycées, avait dénoncé “ l’insuffisance du recrutement” et l’affectation permanente, dès la rentrée, des enseignants censés remplacer, dans le secondaire, leurs collègues absents.



"l faut éviter le fléchage des crédits et augmenter la déconcentration de la gestion, notamment en matière de personnel" (commission des finances à l'Assemblée, 14 mars 2006)
):
Mouvement de mai-juin 2003 sur les retraites
Congrès de Seignosse du SNUipp, juin 2004
...à Caen...
... et à Nice.



