La fédération unitaire de l’enseignement (1919-1935)
La Fédération unitaire de l’enseignement (1919-1935) : Aux origines du syndicalisme enseignant[Amazon]
La Fédération Unitaire de l’Enseignement (1919-1935)
(Syllepse, 2005, 35 euros)
Une étude sur le syndicalisme révolutionnaire
L’historien (et militant de la FSU) Loïc Le Bars vient de publier aux éditions Syllepse ” La Fédération Unitaire de l’Enseignement (1919-1935) “, qui est en fait la suite de sa thèse consacrée au même sujet. Il s’agit d’un travail important consacré à l’étude du courant syndicaliste-révolutionnaire dans l’enseignement entre les deux guerres… et qui aura des prolongements après 1945.
A propos du syndicalisme révolutionnaire
La Fédération Unitaire de l’Enseignement (FUE), créée au sortir de la Première Guerre Mondiale à partir de la transformation de la fédération des syndicats d’instituteurs de la CGT, deviendra après la scission CGT / CGTU une fédération de la CGTU, révolutionnaire mais anti-stalinienne, traversée de débats agités. Elle se fond dans la Fédération générale de l’Enseignement de la CGT (la future FEN !) en 1935, lors du processus de réunification syndicale par fusion des deux CGT… et son orientation se maintient au travers de l’Association des ” Amis de L’Ecole Emancipée “, et de la tendance du même nom après 1945.Loïc Le Bars montre comment cette petite organisation (entre 3000 et 5000 membres habituellement) continue et renouvelle les positions syndicalistes-révolutionnaires développées avant 1914 par la FNSI (Fédération Nationale des Syndicats d’Instituteurs de la CGT). Il passe en revue les différents domaines : revendications corporatives, pédagogiques, anti-militaristes et contre le chauvinisme, débats sur la laïcité… et montre pourquoi certaines thématiques et pratiques syndicales minoritaires, celles du syndicalisme révolutionnaire, vont traverser le siècle.
Un laboratoire syndical
La FUE est très tôt marquée par des controverses idéologiques. Trois tendances majeures se dégagent finalement : la ” Majorité Fédérale ” constituée des cadres de l’organisation, qui ont rompu avec le PC ; la ” Ligue Syndicaliste ” se référant au syndicalisme-révolutionnaire historique (celui porté par Monatte et la ” Révolution Prolétarienne ” à cette époque), la ” Minorité Oppositionnelle Révolutionnaire ” (MOR) représentant les positions staliniennes majoritaires dans le reste de la CGTU.Loïc Le Bars évoque de manière précise la vie et le fonctionnement réels de l’organisation, mais procède aussi à une étude sociologique des membres de la FUE ; il aboutit à des résultats surprenants, qui contredisent parfois les discours tenus par les anciens dirigeants de la FUE et de la tendance ” Ecole Emancipée ” qui en sera l’héritière .
Il montre aussi comment cette organisation sera la première à mettre en place le fonctionnement que reprendra la FEN : reconnaissance institutionnelle des tendances, homogénéité des exécutifs syndicaux, … (en revanche, d’autres, comme la structuration multi-catégorielle, resteront une spécificité de ce courant syndicaliste).
Enfin, il remet certaines choses en place : les rapports entre la FUE et la pédagogie (son fameux manuel d’histoire), entre la FUE et Freinet, entre les dirigeants de la FUE et les oppositionnels du PC, etc…
Au total un livre précieux, bourré d’informations et qui devrait intéresser tout militant syndicaliste de l’éducation.
Quentin Dauphiné




"l faut éviter le fléchage des crédits et augmenter la déconcentration de la gestion, notamment en matière de personnel" (commission des finances à l'Assemblée, 14 mars 2006)
):
Mouvement de mai-juin 2003 sur les retraites
Congrès de Seignosse du SNUipp, juin 2004
...à Caen...
... et à Nice.



