Fichage sauvage à Pau : le “programme de réussite éducative”
2 avril 2008Article publié par la LDH de Toulon le 1-04-2008:
Les différentes organisations qui avaient dénoncé l’enquête nominative « programme de réussite éducative » (PRE) lancée récemment à Pau, se réjouissent de la décision de la députée-maire de suspendre l’opération dès le 26 mars. Ne s’arrêtant pas à ce premier résultat de leurs actions collectives, elles demandent la suppression de ce qui s’apparente à un fichage des personnes en difficulté.
L’enquête, « déclarée à la Cnil », a été lancée par les différentes autorités locales (Préfet, Maire, Inspecteur d’académie et Président du Conseil général) et sa mise en oeuvre reposait sur les enseignants.
A cet égard, il est particulièrement intéressant de prendre connaissance de la « Charte de déontologie » qui accompagne la grille de l’enquête, et notamment du choix des textes de référence qui figurent en annexe — vous la trouverez ci-dessous dans son intégralité [1].
« Fichage scandaleux » dans les écoles de Pau
Alors que le fichier “base élèves” était déjà vertement critiqué, les directeurs des écoles des quartiers dits “sensibles” de Pau ont reçu début mars une fiche de renseignements nominatifs, envoyée par l’inspection académique.

- La grille de l’enquête.
Ce fichier réclame des “éléments de repérage des signes de fragilité par élève” à travers cinq rubriques : “apprentissages scolaires”, “acquis extrascolaires”, “situation familiale”, “relation enfant-école/comportement”, et “santé”.
Il est par exemple demandé aux enseignants de déclarer si “le logement est mal adapté”, d’évaluer “l’implication des parents dans l’école”, de signaler “l’introversion” des enfants.
Chaque rubrique de la grille comporte un champ libre, qui laisse toute latitude aux rédacteurs de la fiche pour ajouter des renseignements de leur choix, détaille Dominique Rousset. Secrétaire de la Fédération des Conseils des Parents d’Elèves (FCPE) dans les Pyrénées-Atlantiques, il parle de “fichage scandaleux”.
A Pau, plusieurs directeurs d’école ont déjà refusé de remplir le questionnaire et en ont informé les parents, qui y voient “la fiche de la honte”.
Embarras des pouvoirs publics
Côté pouvoirs publics, l’embarras va crescendo à mesure que la polémique enfle. Dany Hoare, qui gère le projet du “Contrat urbain de cohésion sociale” à Pau, s’étonne qu’on parle de “fichage sauvage” pour un outil de prévention qui permet de repérer les enfants présentant des signes de difficulté”. Visiblement mal à l’aise, elle rétorque que la grille a été déclarée à la Commission nationale Informatique et Liberté (CNIL) et qu’elle s’inscrit dans le cadre de la loi Borloo de 2005 sur la politique de la ville.
C’est en fait Josy Poueyto, l’ancienne élue paloise en charge de la politique de la ville, qui a rédigé ce questionnaire, avec l’aide de Philippe Carrière, l’inspecteur d’académie. Juste avant les municipales. [...]
La nouvelle édile (PS) de Pau, Martine Lignières-Cassou, n’apprécie pas le “cadeau empoisonné” de ce nouveau fichier. Très vite après son élection, elle a demandé un moratoire “d’au moins quinze jours” et convoqué préfet, président du conseil général et inspecteur d’académie. Ce dernier, qui avait participé à l’élaboration du questionnaire, n’a pas souhaité réagir à l’occasion de cet article.
Communique presse FCPE 64
La FCPE64 demande l’arrêt du fichage sauvage des élèves de certains quartiers palois
Il y a quelques jours, dans le cadre du « programme de réussite éducative » de l’agglomération de Pau, l’équipe de coordination du projet a fait parvenir aux écoles, sous couvert de l’autorité académique, une fiche de renseignements nominatifs.
Le contenu de cette fiche est particulièrement scandaleux. On y demande aux enseignants de qualifier, pêle mêle : les apprentissages scolaires, les acquis extra-scolaires, la situation familiale, la relation enfant/école et comportement et pour finir en beauté de communiquer des indications sur la santé de l’enfant.
Dans le détail, on demande aussi aux enseignants de déclarer si le logement est mal adapté (à qui, à quoi ? vont-ils le visiter ?), de qualifier l’implication des parents dans l’école, si l’enfant est introverti (comment ? combien ?) etc.
De plus de nombreux champs libres sont prévus, laissant toute latitude aux rédacteurs.Plusieurs directeurs/directrices d’école du secteur considéré (Ousse-des-Bois, Saragosse au moins) ont refusé de remplir le questionnaire et ont informé les parents de leur refus. La FCPE64 apporte son plein et entier soutien à ces personnes qui font honneur à leurs fonctions.
Malheureusement, d’autres on déjà renvoyé ces fiches.
- La FCPE64 appelle les parents dont les enfants seraient fichés à demander communication de la fiche.
- Le fichier doit comprendre plusieurs centaines d’élèves. Il est donc probablement prévu pour être informatisé. La FCPE64 demande communication de la déclaration à la Commission nationale informatique et liberté.
- La FCPE exige l’abandon de ce fichage inutile et dangereux et qui plus est discriminatoire car ciblé sur certaines écoles.
- La FCPE64 exige que les fiches déjà parvenues au Pôle de réussite éducative soient détruites.
Pau, le 25 mars 2008
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Communiqué de presse du SNUipp-FSU 64
Inacceptable et scandaleux fichage de certains élèves palois
L’Education Nationale et les pouvoirs publics exigent des enseignants des écoles du quartier Saragosse et Ousse des bois à Pau qu’ils remplissent dans le cadre du Programme de Réussite Educative un nouvel outil de contrôle nominatif pour repérer les « signes de fragilité par élève » (cf grille ci-jointe).
Dans cette période de fichage et de stigmatisation des populations les plus fragilisées (loi de prévention de la délinquance…) de multiplication des fichiers (Base Elèves…), l’existence de cet outil ne peut qu’inquiéter.
La transmission d’informations extrêmement confidentielles aux pouvoirs publics remet profondément en cause le lien de confiance qui unit les parents et les enseignants. Les items retenus dans la grille appellent des raccourcis très contestables entre situation familiale (mono parentalité, minima sociaux, logement, recherche d’emplois…), comportements de l’enfant (absence, violence, introversion…), santé (sommeil, alimentation…) et réussites scolaire et éducative.
L’aide aux élèves en difficulté passe par d’autres choix politiques et budgétaires à l’opposé de la politique de renoncement de la réussite de tous impulsée par ce gouvernement.
Le SNUipp 64, avec la FSU et ses différents partenaires (FCPE, Ligue des Droits de l’Homme, collectif anti-délation …), s’adresse au préfet, à l’inspecteur d’académie et au maire de Pau pour demander l’arrêt immédiat de ce dispositif.
Pau, le 25 mars 2008
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PROGRAMME DE REUSSITE EDUCATIVE
CHARTE DEONTOLOGIQUE - PRINCIPES D’ACTIONPréambule :
Pour favoriser l’égalité des chances et la réduction des inégalités sociales vis-à-vis des enfants et des adolescents des quartiers les moins favorisés, la ville de Pau, la Préfecture des Pyrénées-Atlantiques, l’Inspection Académique des Pyrénées-Atlantiques, le Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques et le Groupement d’Intérêt Public-Développement Social Urbain de l’Agglomération de Pau ont décidé de conjuguer leurs efforts pour mettre en place toutes les conditions nécessaires à la réussite éducative de ces enfants et adolescents.
Aussi, ces mêmes partenaires ont souhaité développer un programme de réussite éducative issu de la loi du 18 janvier 2005 (programme 15 et 16 du Plan de cohésion Sociale).
Ce programme s’appuie notamment sur la création d’équipes de réussite éducative en vue d’accompagner individuellement et collectivement les enfants et leur famille.
Ces équipes pluridisciplinaires rassemblent des professionnels de différents horizons qui ont pour objectif de mutualiser leurs compétences afin d’apporter une aide à des enfants ou adolescents qui présentent des signes de fragilité. Ces professionnels sont amenés à échanger des informations relatives à la situation des enfants et de leur famille, dans le respect de la loi et dans un principe de confidentialité.
Les parents sont les premiers éducateurs de leur enfant, toute démarche visera d’abord à reconnaître et mobiliser leur rôle éducatif dans le respect des droits et des devoirs que leur confère l’autorité parentale.
Cette charte qui peut faire l’objet de modifications après accord de l’ensemble des signataires et avis du Conseil Consultatif vise à garantir aux familles le respect de ces droits. En demandant un engagement à l’ensemble des institutions parties prenantes et aux membres des équipes de réussite éducative, cette charte vise à garantir le respect des principes qui y sont inscrits :
La concertation :
La participation à l’équipe de réussite éducative, constituée des professionnels susceptibles d’apporter une aide directe aux enfants et/ou à leur famille, signifie l’engagement de chacun des membres à la confidentialité. Aussi, ne seront échangés que les éléments objectifs strictement nécessaires, dénués de tout jugement de valeur et de références à la religion, l’ethnie, l’orientation sexuelle et en respect de la législation sur les informations à caractère médical et social. Tout ce qui concerne l’intimité et la vie privée des personnes ne doit sous aucun prétexte être utilisé à d’autres fins que celles visées par la réussite éducative, à moins que l’enfant ne soit en danger, auquel cas la confidentialité et la discrétion ne sont plus opposables.
Les documents écrits suite aux concertations respecteront les mêmes règles : limités aux informations nécessaires, objectives, excluant les références à la religion, l’ethnie, l’orientation sexuelle…
Les règles de conservation, d’archivage, du traitement informatique ainsi que celles relatives à l’accès des usagers au dossier seront respectées.
Enfin, les équipes de réussite éducative qui rendront des comptes au Conseil Consultatif ne peuvent communiquer à celui-ci que des informations anonymes, et s’engagent à détruire les dossiers en fin de parcours pour ne garder que des données anonymes.
La place des familles :
L’implication de la famille, y compris l’enfant ou l’adolescent, est recherchée tout au long du processus. C’est avec elle que l’on envisage les réponses possibles aux difficultés repérées.
Dans le cadre de sa relation habituelle avec la famille, le professionnel à l’origine de la demande l’informe qu’une aide complémentaire est définie dans le cadre de l’équipe de réussite éducative.
La mise en oeuvre d’une action est donc envisagée avec la famille dont l’engagement est la condition indispensable à sa réalisation.
Les modalités de communication sont définies par le professionnel désigné comme référent par l’équipe de réussite éducative.
Selon le principe de respect des droits et des devoirs des familles, celles-ci ont accès, sur simple demande, au dossier de réussite éducative les concernant.
Le Préfet des Pyrénées-Atlantiques, Marc CABANE
Le Maire de Pau, Yves URIETA
Le Président du GIP DSU de l’Agglomération de Pau, André CASTRO
L’Inspecteur d’Académie des Pyrénées-Atlantiques, Jean-Michel EPLE
Le Président du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, Jean-Jacques LASSERREANNEXES : LES TEXTES DE REFERENCE
Extraits :
Article 16 de la Convention internationale des droits de l’enfant
Nul enfant ne fera l’objet d’immixtions arbitraires ou illégales dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes illégales à son honneur et à sa réputation.
Article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme
1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance.
2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bienêtre économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui.Article 9 du Code civil
Chacun a droit au respect de sa vie privée.
Article 371-1 du Code civil
L’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant. Elle appartient aux père et mère jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne. Les parents associent l’enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité.
Article 226-13 du Code pénal
(Ordonnance nº 2000-916 du 19 septembre 2000 art. 3 Journal Officiel du 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002)
La révélation d’une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire soit par état ou par profession, soit en raison d’une fonction ou d’une mission temporaire, est punie d’un an d’emprisonnement et de 15000 euros d’amende.
Article 226-14 du Code pénal
(Loi nº 98-468 du 17 juin 1998 art. 15 Journal Officiel du 18 juin 199
(Loi nº 2002-73 du 17 janvier 2002 art. 89 Journal Officiel du 18 janvier 2002) (Loi nº 2003-239 du 18 mars 2003 art. 85 Journal Officiel du 19 mars 2003) (Loi nº 2004-1 du 2 janvier 2004 art. 11 Journal Officiel du 3 janvier 2004) (Loi nº 2006-399 du 4 avril 2006 art. 14 II Journal Officiel du 5 avril 2006)
L’article 226-13 n’est pas applicable dans les cas où la loi impose ou autorise la révélation du secret. En outre, il n’est pas applicable :
- A celui qui informe les autorités judiciaires, médicales ou administratives de privations ou de sévices, y compris lorsqu’il s’agit d’atteintes ou mutilations sexuelles, dont il a eu connaissance et qui ont été infligées à un mineur ou à une personne qui n’est pas en mesure de se protéger en raison de son âge ou de son incapacité physique ou psychique ;
- Au médecin qui, avec l’accord de la victime, porte à la connaissance du procureur de la République les sévices ou privations qu’il a constatés, sur le plan physique ou psychique, dans l’exercice de sa profession et qui lui permettent de présumer que des violences physiques, sexuelles ou psychiques de toute nature ont été commises. Lorsque la victime est mineure, son accord n’est pas nécessaire ;
- Aux professionnels de la santé ou de l’action sociale qui informent le préfet et, à Paris, le préfet de police du caractère dangereux pour elles-mêmes ou pour autrui des personnes qui les consultent et dont ils savent qu’elles détiennent une arme ou qu’elles ont manifesté leur intention d’en acquérir une.
Le signalement aux autorités compétentes effectué dans les conditions prévues au présent article ne peut faire l’objet d’aucune sanction disciplinaire.Article L2112-9 du Code de la Santé publique
Les articles 226-13 et 226-14 du code pénal relatifs au secret professionnel sont applicables à toute personne appelée à collaborer au service départemental de protection maternelle et infantile.
Article L221-6 du Code de l’action sociale et de la famille
Toute personne participant aux missions du service de l’aide sociale à l’enfance est tenue au secret professionnel sous les peines et dans les conditions prévues par les articles 226- 13 et 226-14 du code pénal.
Elle est tenue de transmettre sans délai au président du conseil général ou au responsable désigné par lui toute information nécessaire pour déterminer les mesures dont les mineurs et leur famille peuvent bénéficier, et notamment toute information sur les situations de mineurs susceptibles de relever du chapitre VI du présent titre.
L’article 226-13 du code pénal n’est pas applicable aux personnes qui transmettent des informations dans les conditions prévues par l’alinéa précédent ou dans les conditions prévues par l’article L. 221-3 du présent code.
Article 26 de la Loi 83-634 du 13 avril 1983
Les fonctionnaires sont tenus au secret professionnel dans le cadre des règles prévues par le Code pénal.
Les fonctionnaires doivent faire preuve de discrétion professionnelle pour toutes les informations documents dont ils ont connaissance dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions.
Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés.
Loi n° 78-753 du 17 juillet 1978 modifiée relative à l’accès aux dossiers personnels.
Note
[1] Cette charte a été rédigée et diffusée quelque temps après la grille, sans doute pour tenter d’apaiser les esprits… y est-elle parvenue ?
Manif contre Base élèves à St Affrique (Aveyron)
2 avril 2008Rapport Pochard:le libéralisme à tous les étages
2 avril 2008La première partie du rapport Pochard se veut comme un état des lieux dans l’Education Nationale (au sens large) : si on peut y glaner quelques informations utiles, cet état des lieux est loin d’être neutre et d’ailleurs propose déjà des solutions dans sa rédaction.
On peut y remarquer que le privé représente 16 % des personnels, que l’élévation générale du niveau de diplôme des enseignants s’est traduit par un éloignement entre les origines sociales des enseignants et des enseignés (25 % des jeunes PE sont des enfants de cadres supérieurs contre 16 % des plus âgés ; 50 % des jeunes profs sont eux-mêmes enfants de cadre supérieur alors que ceux-ci ne représentent 18 % de la population).
Le nombre moyen d’élèves par enseignant reste élevé avec une moyenne de 18,8 contre 14,8 pour l’OCDE en maternelle, 19,4 contre 16,9 en élémentaire. La carence en terme de santé y est dénoncé : 49,9 médecins de prévention en équivalent temps plein pour toute la France.
La vérité sur l’absentéisme enseignant dénoncé par Claude Allègre est rétabli : 6 jours par an pour maladie, les chiffres pour les autres fonctions publiques étant plus élevés.
Le rapport nous explique doctement que,certes, des enseignants ont vu leur pouvoir d’achat se réduire entre 2001 et 2008 pour 51% d’entre eux, mais que « les revenus familiaux entre enseignants et les autres cadre du privé ou du public sont plus faibles que les écarts de salaire individuel » parce que « les couples associent des femmes à des conjoints masculins plutôt mieux diplômés et rémunérés qu’elles, les enseignants se retrouvent plus souvent associés dans leur famille à des conjoints mieux rémunérés que ne peuvent l’être les autres cadres du public et du privé » - bref plutôt qu’une augmentation de salaire l’Administration nous proposera peut-être un abonnement à Meetic … -. Depuis quand utilise-t-on la prise en compte des revenus du ménage pour le calcul du pouvoir d’achat ?
Les affectations et le système de mutation y sont présentés sous un jour défavorable ( « l’intérêt du service n’y a qu’une place marginale » ) et la commission déplore qu’on « s’en s’en remette au hasard pour gérer les compétences, les talents et les ressources humaines de cette maison ».
On y note que l’affectation en temps partagé dans le secondaire est le lot de 8 % des collègues et que la solution serait d’attribuer une indemnité pour ceux-ci plutôt qu’une réduction d’heures – 2h – comme actuellement.
Dans sa deuxième partie, le rapport apporte ses propositions décoiffantes ; on préconise une plus grande autonomie des écoles : « les performances et les échecs sont désormais mieux connus. Ils incitent eux aussi à tenter de donner aux écoles les moyens d’une plus grande régulation locale, dont on peut espérer qu’elle favorisera les apprentissages. Le renforcement du pilotage local ne peut pas prendre dans le primaire les mêmes formes que dans le secondaire. On n’y trouve ni établissement au sens juridique du terme, permettant l’exercice d’une autonomie de gestion, ni chef d’établissement au sens statutaire du terme, permettant l’exercice de responsabilité de nature hiérarchique. Les pistes évoquées dans l’enseignement secondaire ne sont pas transférables à l’école primaire. La proposition , déjà formulée en 1998 dans le rapport Pair, de créer des établissements du premier degré pour favoriser le travail collectif, la responsabilité, la régulation continue de proximité et le décloisonnement avec l’enseignement du second degré, reste d’actualité. Les lois du 13 août 2003 et du 23 avril 2005 prévoient la possibilité d’expérimenter des Etablissemnts Publics de l’Enseignement Primaire (EPEP), mais les décrets n’ont toujours pas été pris. Constituer les écoles en établissements publics permettrait d’y développer des logiques d’autonomie financière et organisationnelle, semblables à celles que la commission préconise pour le second degré. »
Quant au samedi libéré et la libération de 72 heures par an, la commission remarque qu’ « une nouvelle définition du service des enseignants du premier degré est de fait en train de se mettre en place. Elle gagnerait à s’appuyer sur un établissement d’un statut juridique à inventer, piloter par un personnel d’encadrement et épaulé par une organisation collégiale. L’accroissement de la capacité d’action des écoles qui en résulterait pourrait donner lieu à un accord négocié avec l’inspecteur de l’éducation nationale et la collectivité de rattachement. L’évaluation des EPLE, comme celle des unités du premier degré, devrait donc, pour être globale, associer l’Etat et les collectivités territoriales. Cette évaluation devrait, pour une part, être indépendante de l’établissement, mais la volonté de donner de plus en plus d’autonomie aux EPLE, voire aux unités du premier degré, devrait conduire à donner à l’établissement – et à son chef – un rôle dans l’évaluation. Le chef d’établissement devrait non seulement être le l’interlocuteur principal des évaluateurs externes et le premier à rendre compte des résultats et de l’efficience de son établissement, mais il devrait aussi avoir les moyens - et le pouvoir – d’impulser une solide auto-évaluation, ce qui doit l’aider au pilotage de son unité, en retour l’évaluation externe devrait prendre en comprendre une évaluation de la qualité et de la pertinence de cette auto-évaluation. »
Pour se faire, la création d’un statut d’emploi serait créé : « les fonctions de [...]directeurs d’écoles ou d’établissement public du premier degré (EPEP) [...] auraient peut-être vocation à être plus reconnues institutionnellement qu’elles ne le sont aujourd’hui ».
Pour le recrutement des enseignants la commission prône la déréglementation : depuis des concours simplifiés (ça coûte cher : 38 millions d’euros), jusqu’au statut de professeur associé - permettant d’échapper à la condition de diplôme et au statut et permettant d’engager en CDD de 3 ans maximum renouvelable une fois -, en passant par le regroupement du CAPET et du CAPLP, la bivalence, le recrutement type fonction territoriale – le concours inscrit de droit sur une liste d’aptitude où puisent les autorités (EPLE pour le secondaire, , IAI ou EN pour le primaire) – , ou bien encore par candidature individuelle par recherche d’emploi auprès des rectorats, inspections académiques, EPLE ,ou bien IEN (des petites annonces donneraient les postes à pouvoir et les profils recherchés) !
Tout changement dans le statut d’enseignant serait bien entendu lié à un rémunération supplémentaire : une prime modulable gérer par le directeur d’école, des heures supplémentaires modulées, des décharges horaires (sur ce point la commission est fortement défavorable), l’ensemble fixé par des contrats d’objectifs . Selon son « engagement » la rémunération de l’enseignant pourrait varier depuis un avancement à l’ancienneté - pour les plus rétrograde – jusqu’à des carrières « sur mesure » négociées avec l’institution. Bref, travailler plus pour gagner plus !
Comme on peut le voir dans ce bref aperçu, les préconisations de la commission se font dans une optique de déréglementation -voire de disparition – du statut de fonctionnaire de l’Education Nationale : des établissements, soumis aux injonctions des tutelles locales, en concurrence les uns avec les autres où exercent des personnels aux statuts de plus en plus précaires et en concurrence les uns avec les autres sous la férule d’un chef d’établissement. Bref le libéralisme à tous les étages !
Groupe ECOLE 76
Nouveaux programmes: Lettre d’un collègue à son inspectrice
2 avril 2008Objet : programme soumis à consultation
Madame l’Inspectrice,
Je me permets de mettre par écrit l’ensemble des réflexions,
- sur la philosophie générale du projet, ainsi que sur l’état général du climat entourant le projet de programme 2008 :
1) Que penser des délais et du rythme voulus pour mener le réflexion sur ce texte ? Ceux-ci sont pour le moins rapides pour ne pas dire expéditifs. Comment croire que cette « consultation », menée au pas de charge, serait capable de faire remonter des observations à même d’oeuvrer à l’amélioration du projet ? L’expérience – tirée du fameux débat sur l’Ecole d’il y a peu d’années – me laisse très dubitatif sur la prise en compte des remarques émises. Je crains fort qu’il en soit de même aujourd’hui : j’en veux pour preuve l’arrivée, dans les écoles, de spécimens éditeurs déjà ornés d’un superbe « conforme aux nouveaux programmes 2008 » …
2) Que penser du fait que les pédagogues – qui font aujourd’hui autorité, chacun dans son domaine - n’ont pas de mots assez durs pour l’ensemble du projet ? A ma connaissance – certes incomplète –, fort peu de spécialistes en pédagogie, didactique, psychologie de l’enfant, ne défendent ce texte. Ironiquement, on pourrait s’interroger sur le fait que la plupart de ces détracteurs soient des enseignants d’IUFM qui ont et auront à former de futurs professeurs des écoles à enseigner dans le cadre de programme qu’ils condamnent (voir lettre de l’IUFM d’Alsace), à moins qu’on ne les mette discrètement – on non d’ailleurs - sur la touche …
3) Que penser de la prise de position d’associations pédagogiques, d’organisations péri-éducatives ? Certaines d’entre-elles ne sont pas spécialement connues pour être contestatrices et ne prennent que rarement position sur la place publique (AGEEM, OCCE, USEP …). Il faut donc que la situation leur semble critique pour qu’elles agissent ainsi …
4) Que penser de l’utilisation générale faite des évaluations PISA, ainsi que des différents rapports en cours (rapport Pochard, rapport Gross, rapport Bentolila) ? Plus particulièrement, les résultats aux tests PISA (et PIRLS) servent systématiquement à montrer l’état catastrophique de l’enseignement primaire , sans que l’on s’interroge sur les biais inhérents à toutes évaluations (voir intervention de L. Spenger-Charolles où elle s’interroge sur les 33% - 33% ! - d’enfants non-francophones dans la série d’élèves ayant passé le test PISA – étrangeté dont elle n’a pas encore, à ce jour, percé le mystère - ; ainsi que ce qu’écrit B. Suchaut sur les évaluations) ; plus généralement si l’Evaluation est un outil de mesure de l’efficacité scolaire ne convient-il pas de s’interroger sur ses valeurs (qui, quoi, comment, où, avec quoi, quand, pour qui ?) ? A ne regarder que celles-ci, ne risque-t-on pas d’enseigner le nez dans le guidon, ne s’intéressant qu’à ce qui est mesurable ? Il me semble que les évaluations ont, vis-à-vis des apprentissages, le statut des examens médicaux en médecine, outils utiles mais qui ne donnent pas le remède à utiliser …
5) Plus philosophiquement (politiquement …) , les « valeurs » portées par ce projet de texte et les termes employés à dessein (morale, récitation, rédaction …) ne sont-ils pas les symptômes d’un changement radical rétrograde en matière d’Education – devrais-je écrire d’Instruction - ? Le texte soumis à réflexion ne peut que me mettre mal à l’aise dans ma position d’enseignant fonctionnaire de l’Etat et de citoyen. Voulant croire en certaines valeurs de l’Ecole (notamment l’Emancipation) et ayant une certaine idée de l’enseignement, devrais-je donc songer à une reconversion professionnelle ?
- Sur le plan pédagogique :
1) L’idée de cycle est, de fait, abandonnée : on nous propose une progression par niveau d’enseignement (PS, MS, GS, CP, CE1, CE2, CM1, CM2) avec des objectif précis à atteindre. Si cette précision peut être profitable, elle est de nature à fortement rigidifier l’enseignement et à lui enlever toute la souplesse voulue par l’instauration des cycles.
2) Si le projet se veut un outil pour améliorer les résultats aux évaluations PISA (comme il en a été question), on peut, d’une part, s’interroger sur les évaluations (cf supra sur les contributions de chercheurs sur ce sujet), d’autre part, s’interroger sur la pertinence de ces nouveaux programmes quant à leurs capacités à combler les échecs à ces évaluations : une analyse de M. Joutard montre que ce qui poserait le plus de difficultés ce n’est pas tant l’aspect « exercices d’application de techniques » des apprentissages (les exercices formels étant assez réussis) que la réutilisation dans des situations plus ouvertes où il faut faire preuve d’imagination et d’esprit d’initiative.
3) La maternelle devient de fait une école pré-élémentaire voire élémentaire tout court. Les attitudes et connaissances demandées sont en contradiction avec nos connaissances en psychologie infantile – lire à ce propos le papier du professeur Montagnier - ; la GS devient ni plus ni moins qu’un CP (22 phonèmes et 22 graphèmes à apprendre ainsi que le passage graphophonétique de l’un à l’autre !). Et je ne parle pas des attitudes attendues en PS (voir texte de M. Ouzoulias) !
4) Une absence d’indications horaires claires : les exégètes de la parole ministérielles tentent encore de savoir s’il s’agit d’horaires effectifs précis – donc sans prise en compte des récréations - ou d’horaires indicatifs globalisés – pour lesquelles il faudra décompter les récréations - ; quoiqu’il en soit, le temps restant pour les arts visuels (devrait-on dire « dessin » dans la nouvelle terminologie ?), la découverte du monde et de l’espace, l’étude des sciences et du vivant, le chant, passe à la portion congrue. De manière générale un programme non allégé – voire alourdi dans certains domaines – pour une diminution horaire à 24 heures-élèves : faire plus avec moins !
5) Une vision mécaniste de l’enseignement en général : apprendre c’est avant tout s’entraîner ! C’est le « triomphe de la nomenclature sèche et d’une mémorisation sans intelligence » (dixit P. Joutard). Bien sûr, si l’entraînement est une condition nécessaire à l’apprentissage, ce ne peut être une condition suffisante : ne faire que des gammes en musique ne permet pas de devenir ni un grand musicien et encore moins un compositeur ! Sans projet personnel d’élève, l’enseignement ne consistera, me semble-t-il, qu’à plaquer abstraitement des connaissances qui ne seront pas intégrer et donc non mobilisables. Combien de fois ne voit-on pas des personnes s’intéresser à des savoirs que parce qu’ils en avaient besoin, le plus souvent à l’âge adulte ?
6) Une morale moralisante ! Il ne s’agit pas mettre en place par socio-construction une morale admissible par tous, mais d’inculquer une doxa basée sur des adages (pour lesquels on trouvera toujours des adages opposés), sans mener de réflexion sur les a priori, les préjugés (je pourrais citer nombre d’entre eux, y compris chez des personnes persuadées de ne pas en avoir : tant sur le sexisme que sur le racisme). On demandera avant tout aux élèves à se soumettre plutôt qu’à construire ensemble : quid du débat philosophique, propre à se décentrer et à entendre d’autres choses ? (lire à ce propos le texte de B. Defrance et l’intervention de G. de Vecchi).
7) Un enseignement des mathématiques basé sur l’automatisation des tâches principalement dans le domaine des techniques opératoires alors que les « problèmes » semblent venir avant tout des fameux problèmes, c’est à dire la capacité à mobiliser ses connaissances pour répondre à des questions. Plus généralement le calcul mental devient le parent pauvre de ces programmes ; alors que l’évolution structurelle de la société montre le recul historique de l’importance des techniques opératoires dans les usages sociaux des connaissances – qui d’entre-nous extrait encore des racines carrées ou bien pose encore ses divisions dans des situations de la vie quotidienne (voir à ce propos les écrits de R. Brissiaud et R. Charnay) -, le calcul mental et les ordres de grandeur semblant être des outils beaucoup plus utiles aux enfants dans leur future insertion sociale … Que dire de la règle de trois (pour ma part totalement inconnue, il a fallu que je découvre cette « technique », alors que je maîtrise – me semble-t-il – la proportionnalité) en lieu et place de la proportionnalité ?
8.) Du côté de la langue française, rien sur l’expression écrite – pardon, la rédaction - ! : écrire un texte narratif de 5 lignes. Il s’agit avant tout de se conformer à la norme. Quid de l’implicite et de l’explicite dans la lecture ? L’impression donnée est d’une certaine indigence : la compréhension via la lecture orale, l’impasse sur la littérature de jeunesse, une vision réductrice du vocabulaire, une culture académique, « savante » qui ignore la culture réelle, vécue des élèves. De manière générale que reste-t-il de l’imagination, de la créativité, sujets qui manquent le plus à certains élèves ? … Un alourdissement important de la conjugaison – ajout de nombre de temps de conjugaison - et de la grammaire – l’ensemble des natures et fonctions grammaticales -, alors que l’on attend encore la démonstration du lien entre apprentissage de la grammaire et de la conjugaison et performances langagières …
9) Le côté artistique est vu avant tout sur une base patrimoniale : l’Art et la Culture c’est le passé ! Il s’agit d’ingurgiter des savoirs académiques. Quasiment rien sur la pratique artistique (3 lignes) contre une longue liste d’oeuvres patrimoniales. Comment se réalise l’appropriation culturelle dans ces conditions : sans pratique artistique effective que restera-t-il de ces connaissances ? Quant aux oeuvres contemporaines rien sur des artistes vivants : être un artiste connu - reconnu -, c’est être un artiste mort ! Quant au 7ème art et au 9ème art, rien ! Le cinéma et la bande dessinée ne méritent même pas d’être évoqués.
10) En Géographie, c’est l’auto-centration sur la France : enfant de France tu es, enfant de France tu resteras ! Une Géographie très descriptive qui semble ignorer que la Géographie est avant tout construite par un questionnement adéquat : comprendre le monde c’est l’interroger. Peu sur l’Europe et encore moins sur le monde ! Rien sur les échanges internationaux et la mondialisation …
11) En Histoire, l’impasse est désormais faite sur la révolution de 1848 et sur la Commune (exit Louise Michel): sujets trop polémiques sans doute ? Que penser de l’introduction de l’histoire aux cours préparatoire et élémentaire 1 ? Demander à des enfants de cet âge, qui peinent encore distinguer passé proche et passé plus lointain, d’assimiler une nomenclature de dates et de personnages, laisse songeur. Enfin, une erreur ou plutôt un approximation (non commise dans les programmes de 2002) : Gutenberg et l’invention de l’imprimerie (1455) logiquement intégrés à la Renaissance (période complexe qui n’a pas lieu au même moment selon les pays), mais qui se retrouvent, par le choix des dates – non tranché dans les programmes de 2002 -, intégrés aux temps modernes (1492-1789) dans les nouveaux programmes …
12) Au vu de l’aspect volontairement bref des nouveaux programmes (compréhensible par tous), allons-nous bientôt avoir des documents d’application pour chacun des domaines ?
En guise de conclusion : par ces « nouveaux » programmes, allons-nous préparer efficacement l’ensemble des élèves au monde complexe, où tout est largement intriqué, dans lequel ils vont devoir vivre ? Ultime pensée sur ces programmes : ce qui va de soi, c’est ce qui se trompe.
J’aurais, je pense, encore bien des choses à écrire, mais je risque fort d’y passer beaucoup de temps pour un résultat qui, comme je l’ai écrit plus haut, risque fort d’être inutile car inutilisé.
En espérant ne pas avoir été trop ennuyeux et avoir fait oeuvre utile à votre endroit, je vous prie de croire, madame l’Inspectrice, en mes sincères salutations et mon attachement au service public laïque d’éducation.
94: Action Unitaire Base élèves
30 mars 2008Nos enfants sont fichés
On ne s’en fiche pas !
Présenté par l’Inspection académique comme un simple outil de gestion et généralisé, à la rentrée 2008, sans débat démocratique, le fichier Base-Elèves est, en réalité, très dangereux. Il constitue :
Un fichage national et partageable des élèves (15 ans pour certaines données) représentant une atteinte grave à la vie privée des élèves et des familles.
Un outil pour justifier des restrictions budgétaires (fermetures de classes, baisse de moyens)
Un instrument, pour les maires et d’autres institutions, de contrôle social et de répression dans le cadre de la loi de prévention de la délinquance de mars 2007
Dans le Val de Marne, la mobilisation grandit !
Du 12 mars au 1 er Avril dans tout le département, 17 assemblées ont réuni à l’invitation de la FCPE 94 et de syndicats enseignants, SNUIPP-FSU, SNUDI-FO, Sud-Education, CGT-Educ’Ation des centaines de parents et enseignants.
De nombreux directeurs d’écoles, enseignants, élus et plusieurs municipalités ont déjà manifesté leur refus de mettre œuvre Base-Elèves, des centaines de parents refusent que leur enfant soit saisi dans base élèves.
Plusieurs milliers de personnes ont signé les pétitions pour le retrait de Base-Elèves
Une délégation constituée de représentants des syndicats enseignants (SNUIPP-FSU, SNUDI-FO, Sud-Education, CGT-Educ’Action) de la FCPE 94, accompagnée d’un élu du Val de Marne sera reçue par l’Inspecteur d’académie ou nous remettrons les pétitions
Nouveaux flash-balls et droit de manifestation
27 mars 2008Texte voté au CDFN (instances fédérales) de la FSU des 25-26 mars (ayant repris en commission des éléments d’un texte déposé par Emancipation):
L’actuel équipement de la police en matériel de plus en plus dangereux (flashball, tasers, nouveaux lanceurs de balls, drônes, hélicoptères…) est grave.
Ce n’est pas dans le cadre d’une escalade de la répression et de la violence que sera trouvée une solution à la souffrance sociale notamment dans les quartiers populaires.
La FSU proteste contre le recours à la violence et l’utilisation de ces équipements qui ont déjà infligé de graves blessures notamment à des jeunes (telle la blessure occasionnée à un lycéen mineur de Nantes, le 27/11/2007, lors d’une manifestation pacifique).
Cette dérive est incompatible avec la conception des droits et libertés en France.
La FSU rappelle son exigence de respect du droit à manifester sans être menacé de blessure ou sanction. Elle poursuivra les actions engagées pour le respect des droits et libertés avec ses partenaires sociaux et associatifs, fédérations de parents d’élèves, … (en incluant celles entreprises pour le lycéen de Nantes, cf motion du CDFN précédent).
Elle s’élève contre l’équipement des policiers de tels équipements dangereux qui constituent un risque permanent de dérapage.
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L’équipement des policiers s’alourdit encore après les émeutes de Villiers-le-Bel
LE MONDE, 22.03.08
Un bouclier “balistique souple” qui se plie et se replie comme une valise plate, des lunettes transparentes prévues pour être portées sous le casque pare-balles, en plus de la visière, un nouveau lanceur de balles de défense de 40 mm de diamètre destiné à remplacer le flash-ball : tels sont quelques-uns des nouveaux équipements présentés par la police, vendredi 21 mars, pour lutter contre les violences urbaines.
Après les affrontements de Villiers-le-Bel (Val-d’Oise), en novembre 2007, où plus de 80 policiers avaient été blessés par des tirs de plomb, ce renouvellement a été jugé nécessaire. Les équipements existants ont aussi été modifiés. Ainsi le bouclier, créé à l’origine pour les groupes d’intervention lors d’assauts “tubulaires” (dans le train, le métro…), équipera désormais les forces de l’ordre dans les quartiers. Testé à Villiers-le-Bel, il sera doté de courroies pour être plus facilement porté “en sac à dos”. Les lunettes ont été acquises après qu’un policier, victime d’un tir de fusil de chasse, a perdu un oeil.“Villiers a été un choc pour nous, puis cela a recommencé à Grigny (en Essonne, où, début mars, 5 policiers ont été blessés par des tirs), a déclaré Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale. Nous voulons une police moderne qui ne se laissera pas tirer dessus.” Le flash-ball, en service depuis dix ans, sera progressivement remplacé par le lanceur 40, conçu, lui, après les émeutes de 2005.
Sa portée est plus grande puisqu’il permet d’atteindre sa cible jusqu’à 50 mètres. Armé de balles-mousse, marquantes (de type paint-ball) ou lacrymogènes, il est équipé d’une aide à la visée électronique. Trois cents de ces lanceurs sont déjà expérimentés, un millier devrait être en service à la fin de l’année. A cela, s’est ajoutée, en 2007, l’acquisition de près de 200 pistolets à impulsion électrique (Taser) ou bien encore de 24 000 grenades de “désencerclement”, qui provoquent une déflagration de forte intensité sonore.
Complet, l’équipement des forces de l’ordre, les “Robocops” comme on les appelle parfois dans les cités, pourrait atteindre près de 20 kg, ce qui inquiète les syndicats. “Jusqu’où va-t-on ?”, s’interroge Philipe Capon, responsable du secteur CRS à l’UNSA-Police. “Si on ajoute les drones, les caméras à infrarouge, on arrive à l’équipement militaire”, s’insurge-t-il. “C’est la réponse à Villiers”, justifie Joël Fily, directeur de l’administration de la police nationale.
Chaque année, un budget d’environ 120 millions d’euros est consacré à l’armement de la police.
Article paru dans l’édition du 23.03.08
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Voir aussi:
- Violences policières à Nantes (Sdl, 28-11-2007)
Communiqué unitaire du Val-de-Marne
27 mars 2008Communiqué des organisations du Val de Marne
SNUipp-FSU, SNUDI-FO, SE-UNSA, SUD Education, CGT Educ’Action
et la FCPE
Plus de 300 enseignants, parents d’élèves et élus se sont rassemblés mardi 25 mars 2008 devant l’Inspection Académique à l’occasion du CTP pour réclamer les moyens indispensables pour les écoles du département.
Un premier recul de l’IA, à mettre à l’actif de la mobilisation des écoles : il retire sa décision de supprimer les moyens supplémentaires ZEP et de les mettre à disposition des circonscriptions pour la rentrée 2008.
MAIS, il annonce dès maintenant qu’il envisage de « réexaminer cette question pour la rentrée 2009 ».
En d’autres termes, un recul pour la rentrée prochaine mais pas de garanties concernant le maintien de ces moyens dans les écoles pour l’avenir !
Concernant les PE 2 en stage filé sur les décharges de direction ou sur les compléments de service des collègues exerçant à 80 %, l’IA refuse de renoncer à cette mesure qui « permet de financer les autres mesures d’aménagement qualitatif pour les écoles… les PE2 représentent une ressource humaine et il est impossible de faire autrement ».
Concernant les RASED, « situation d’attente, des mesures sont à l’étude qui ne sont pas prêtes pour être règlementaires à la rentrée 2008, aussi pas de changement pour la rentrée prochaine ».
On ne peut que s’en inquiéter au vu des multiples déclarations et projets du Ministère.
Concernant les demandes d’ouvertures de postes ou d’annulations de fermetures, l’IA indique clairement qu’il n’a pas les moyens de financer des ouvertures supplémentaires et que si elles devaient avoir lieu ce serait en prenant sur les postes de remplaçants qu’il a créés.
Façon de culpabiliser les écoles qui auraient à choisir entre ouvertures de classes et moyens de remplacement !!!
Ce n’est pas avec les 16 postes attribués au département qu’on peut :
- Garantir la scolarisation de tous les enfants en maternelle et des 2ans dont les parents en font la demande,
- Ouvrir les postes nécessaires,
- Abaisser les effectifs,
- Créer et renforcer les RASED,
- Assurer toutes les décharges de direction par des enseignants titulaires,
- Améliorer la formation initiale sans recourir aux PE2 comme moyens de remplacement,
UNE DOTATION SUPPLEMENTAIRE POUR LE DEPARTEMENT EST INDISPENSABLE !!!
C’est de l’avenir des enfants dont il s’agit !
Dans toutes les écoles, profitons de la réunion de concertation du samedi 29 mars 2008 sur les nouveaux programmes pour établir la liste des besoins et nos revendications.
Les organisations syndicales du Val de Marne, SNUipp-FSU, SNUDI-FO, SE-UNSA, Sud Education, CGT Educ’Action et la FCPE appellent à se rassembler dans l’unité,
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DÉPARTEMENTALE :
MERCREDI 2 AVRIL 2008 à 10 Heures
Maison des Syndicats
11 /13 rue des ArchivesCréteil
Pour prendre ensemble les décisions pour faire aboutir nos revendications.
Créteil, le 25 mars 2008
La FCPE s’oppose aussi aux stages de rattrapage
26 mars 2008Revue de presse
Source: Ouest-France Maine-et-Loire, 24-03-2008
Après le Snuipp qui a pris clairement position contre (lire Ouest-France du jeudi 20 mars), c’est au tour de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) de s’opposer aux stages de rattrapage.
Pour mémoire, ces derniers sont destinés aux élèves de CM1 et de CM2 qui ont des lacunes importantes en français et en mathématiques.
Ils seraient organisés pendant les vacances de printemps, début juillet puis fin août. La FCPE déplore « la précipitation dans laquelle cette mesure a été appliquée », estime que « tout le monde a besoin d’un temps de vacances pour récupérer des fatigues accumulées » et que « l’école doit être son propre recours ». Et de conclure : « Nous exigeons que les structures internes à l’école, comme les Rased, et les autres dispositifs d’enseignement adaptés soient maintenus en capacité d’aider tous les enfants qui ont besoin de soutien ».
Cours de rattrapage : courrier d’un conseil des maîtres des Alpes-Maritimes à une IEN
26 mars 2008Objet : Stages de remise à niveau proposés aux élèves présentant en fin d’école primaire des difficultés en français ou en mathématiques.
Madame l’Inspectrice,
Après concertation avec l’ensemble de l’équipe enseignante, il nous apparaît que :
- les difficultés scolaires que peuvent rencontrer quelques enfants, en français et en mathématiques, relèvent d’un dispositif d’aide autrement plus complexe qu’une simple remédiation de quelques heures ;
- la prise en charge de ces enfants nécessite un travail d’équipe de professionnels (enseignants spécialisés des RASED, enseignants de la classe et du cycle…) travaillant en concertation ;
- les difficultés scolaires, en français et en mathématiques, cachent souvent aussi des difficultés dans d’autres domaines de compétences (expression orale, expression corporelle, expression artistique, sciences de la vie, langue vivante, informatique…) ou relationnelles, voire de comportement, dépendantes les unes des autres ;
- ces stages sont la plus mauvaise solution à apporter aux enfants rencontrant des difficultés pour lesquelles quelques heures supplémentaires, ne pourront, par une simple répétition en petits groupes de ce qui se fait déjà au quotidien dans la classe, permettre de les sortir des difficultés sur lesquelles travaillent souvent les enseignants successifs depuis des années ;
- s’il existe une ligne budgétaire pour rémunérer en heures supplémentaires d’enseignement bénéficiant d’exonération fiscale et sociale, majorées de 25%, des enseignants volontaires pour ces stages, il doit pouvoir exister un budget pour la création de postes d’enseignants susceptibles d’assurer l’intégralité des remplacements des enseignants indisponibles, de diminuer sensiblement le nombre d’élèves par classe, d’améliorer l’accueil dès 2 ans en école maternelle, ou de renforcer les moyens attribués aux RASED, mieux à même d’accompagner positivement les enfants en difficultés scolaires.
Pour toutes ces raisons, l’ensemble de l’équipe enseignante a l’honneur de vous informer que l’école n’entrera pas dans ce dispositif pour les vacances de printemps.
Nous vous prions de croire, Madame l’Inspectrice, en l’expression de nos salutations les plus respectueuses et en notre profond dévouement au service public d’Education.

Publié par lucien









"l faut éviter le fléchage des crédits et augmenter la déconcentration de la gestion, notamment en matière de personnel" (commission des finances à l'Assemblée, 14 mars 2006)
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