Portrait de G. Aschiéri
Un portrait du sg de la FSU dans le Nouvel Observateur du 28-12-2006
Il n’a pourtant rien d’une terreur. Il n’a pas la barbe libertaire qu’affectionnent souvent les syndicalistes enseignants. Avec ses cheveux à peine ébouriffés, ses grosses lunettes et ses complets gris, il fait penser à un professeur des années 1950. Les ministres ne tarissent pas d’éloges sur lui : il ne tape jamais du poing sur la table. Il a le geste sobre, le débit lent. «Il aime la conciliation, il essaie toujours de trouver une porte de sortie, dit-on au Sgen-CFDT. Jusqu’à manquer de rigueur.» Gérard Aschieri l’avoue : «Je n’aime pas les conflits, je les fuis.» Inscrit au PC dans sa jeunesse, il le quitte au début des années 1980. Parce qu’il désapprouvait la ligne du parti ? Pas du tout : «C’est parce que j’avais déménagé», répond-il. Gérard Aschieri se laisse porter par les circonstances. Cette plasticité, cette faculté d’adaptation l’ont désigné pour diriger la FSU, cet agglomérat de 19 syndicats aux intérêts divergents. «Il est respectueux des autres jusqu’à la frilosité, confie Jean-François Quantin, leader de l’Ecole émancipée, le vieux bastion anarcho-syndicaliste du primaire. Il a horreur des luttes radicales. »
Gérard Aschieri s’appuie sur ses effectifs majoritaires. C’est un tribun soliveau. Ses amis et ses partisans s’en plaignent souvent. Et aussi ses collègues du lycée Albert-Schweitzer du Raincy, où il enseigne le jeudi à des BTS : «Manque de punch, un peu trop rond» (Mme Joëlle Le Revenu). «Pas assez de fermeté» (Mme Monique Gascoin). Gérard Aschieri a conscience de ses limites. Au cours d’une négociation face à Gilles de Robien, où il s’était montré trop souple, il a demandé au responsable d’une autre fédération de hausser le ton à sa place. Le syndicalisme est pour lui un art, lié à la gastronomie. «Il aime refaire le monde autour d’une bonne table», dit un de ses pairs. Gérard Aschieri a la tripe radicale.AS_AD(’Middle1′);
Dans le cortège, ou plutôt la procession, qui ira de la République à la Bastille, le 28 septembre, il ne sera pas au premier rang. Il laisse toujours les grandes gueules passer devant. «Mais il adore être filmé et interviewé, disent ses proches. C’est son petit plaisir. Quand vous déjeunez avec lui, il laisse toujours son portable ouvert, au cas où un journaliste l’appellerait.» Au nom de tous les siens, de sa mère arrivée d’Italie dans les années 1930, de son père que la guerre avait conduit à faire partie des troupes italiennes d’occupation dans les Alpes-Maritimes. Des immigrés un peu honteux dans la France de la Libération. Les Aschieri ouvrent un bar-tabac dans le quartier Saint-Louis, à Marseille, où Gérard naît le 4 mars 1952. Une enfance qui apparaît politiquement incorrecte aujourd’hui où le tabac est assimilé à une drogue dure et où les blessures de la Seconde Guerre mondiale sont mal refermées. D’autant plus que ses parents, qui craignent pour leur fils unique les mauvaises fréquentations, le mettent dans une école privée, l’école Sainte-Marthe, jusqu’à l’entrée en sixième. Un comble pour un syndicaliste qui s’accroche à la carte scolaire. Gérard Aschieri assume tout avec tranquillité. Il a été régénéré par l’enseignement public. Au lycée Thiers de Marseille, il devient un lycéen tel que les aime la République : un fort en thème issu d’un milieu modeste. Un parcours sans fautes jusqu’à l’Ecole normale supérieure et l’agrégation de lettres classiques. «C’est ce qui explique que la moindre suppression d’effectifs soit pour lui une souffrance, dit un de ses amis. Il veut que rien ne bouge dans ce système qui lui a si bien réussi, qui intégrait les Italiens du Midi et les Polonais des corons.» Depuis 2001, il est le grand prêtre de la FSU. Pour les uns, c’est un homme de progrès. Pour les autres, un apparatchik. Au ministère, on le craint parce qu’il a le pouvoir de jeter des centaines de milliers d’enseignants dans la rue. Gérard Aschieri, le dernier hussard noir de la République ?
François Caviglioli, Léna Mauger
Le Nouvel Observateur



"l faut éviter le fléchage des crédits et augmenter la déconcentration de la gestion, notamment en matière de personnel" (commission des finances à l'Assemblée, 14 mars 2006)
):
Mouvement de mai-juin 2003 sur les retraites
Congrès de Seignosse du SNUipp, juin 2004
...à Caen...
... et à Nice.




15 mai 2008 à 11:03
Bonjour,
Gérard Aschieri a été mon professeur de français en 1ere année de BTS au lycée A. Schweitzer au Raincy!
Ce fut un professeur très gentil, compréhensif, patient et très enrichissant…
Je m excuse auprès de lui dailleur pour tout ces bavardages que je lui ai fait supporter avec quelques camarades de classe!!!
Nessima, ancienne élevé de BTS ADT et Présidente de l association Triacom
24 mai 2008 à 7:13
[...] s’engage un peu plus… Gérard Aschieri, le patron de la FSU, n’a plus la côte auprès du Président de la République. Selon le [...]